Fondation Pathi Kasongo
Une erreur médicale tue un malade mais une erreur politique tue tout un pays
Militant des droits civiques et politiques, Planificateur, Entrepreneur
02/06/2026
Chère population de Butembo,
Nous avons élu des députés pour nous représenter à l’Assemblée nationale. Certains, voire la majorité d’entre eux, ont reconnu la nécessité d’un débat sur le changement ou la révision de certaines dispositions de la Constitution. Qu’on soit d’accord ou non avec leur position, ils demeurent nos représentants légitimement élus.
Malheureusement, beaucoup d’entre nous se laissent parfois emporter par les discours de certains acteurs politiques davantage préoccupés par la conquête du pouvoir que par l’intérêt supérieur de la nation. Nous suivons parfois des opinions sans les analyser en profondeur ni exiger des propositions concrètes.
Notre pays traverse des difficultés majeures, particulièrement sur le plan sécuritaire. Dans ses différentes interventions, le Président Félix Tshisekedi a évoqué certaines raisons qui, selon lui, pourraient justifier la révision de quelques articles de la Constitution. Pourtant, avant même qu’un débat approfondi n’ait lieu, plusieurs s’y opposent catégoriquement.
Posons-nous quelques questions : les dirigeants de l’opposition travaillent-ils toujours dans l’intérêt du peuple avant de s’opposer ? Si demain l’un d’eux accède au pouvoir, ne pourrait-il pas à son tour proposer des modifications constitutionnelles qu’il rejette aujourd’hui ?
Chers camarades et membres actifs de nos communautés, soyons raisonnables. Ne nous laissons pas manipuler ni emporter par le vent des passions politiques. Si nous voulons la paix et le progrès de notre pays, recherchons la sagesse, le discernement et la guidance divine.
L’article 217 de la Constitution dispose que la République démocratique du Congo peut conclure des traités ou accords d’association ou de communauté comportant un abandon partiel de souveraineté en vue de promouvoir l’unité africaine. Cet article mérite également une réflexion approfondie.
Par ailleurs, l’article 23 garantit à toute personne la liberté d’expression. Chaque Congolais a donc le droit d’exprimer ses opinions et ses convictions, dans le respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs.
Pour ma part, je suis favorable à un débat ouvert sur tout projet de changement, à condition que les textes soient publiés à l’avance afin que chaque citoyen puisse apporter sa contribution, ses idées et ses préoccupations. Une Constitution doit s’adapter aux réalités du pays et répondre aux priorités du peuple congolais.
Reconnaissons également que notre Constitution a déjà fait l’objet de plusieurs modifications au cours de son histoire. Elle n’est pas la seule au monde à avoir été révisée pour s’adapter aux réalités politiques, sociales et sécuritaires d’un pays.
Il est donc important d’examiner toute proposition de réforme avec objectivité et esprit critique. S’opposer à un changement est un droit légitime, tout comme le soutenir. Cependant, il paraît difficile de rejeter catégoriquement une initiative sans en connaître les motivations, le contenu exact et les objectifs poursuivis.
Ce qui devrait nous unir, ce n’est pas le rejet ou l’acceptation systématique, mais la volonté de rechercher ce qui est le mieux pour la République démocratique du Congo et pour les générations futures. Informons-nous, analysons les propositions et participons au débat de manière responsable, dans le respect des opinions de chacun.
Débattons avec respect, dans l’intérêt de la nation et des générations futures.
Cliquez ici pour réclamer votre Listage Commercial.