Ice-man
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17/04/2026
Aujourd’hui, il convient de reconnaître une réalité : l’idée de la création d’un fonds souverain FSD-CI, n’est pas nouvelle dans le débat politique ivoirien. M. Ahoua Don Mello l’avait portée depuis longtemps, bien avant qu’elle ne soit reprise dans les programmes politiques. Le PPACI l’avait aussi inscrite dans son programme de gouvernance 2025-2030, et le FPI en parlait déjà en 2015.
Voir le gouvernement actuel mettre en œuvre une idée portée par ses adversaires politiques est un signe de maturité démocratique : cela prouve que l’on peut être opposant tout en reconnaissant la pertinence des projets de l’autre dans l’intérêt général.
Cependant, au-delà de la pérennité du fonds, le véritable défi réside dans l’utilisation à bon escient de ces ressources. Selon le porte-parole du gouvernement, cet outil moderne permettra de gérer avec rigueur et transparence nos ressources minières, énergétiques et agricoles, de financer des projets structurants, de protéger notre économie face aux chocs extérieurs et de constituer une épargne pour les générations futures.Sur le principe, c’est une excellente orientation. Mais le passé incite à la plus grande vigilance.
L’expérience amère de la filière café-cacao reste dans tous les esprits. Un fonds de stabilisation avait été instauré précisément pour protéger les planteurs contre la volatilité des prix mondiaux. Pourtant, lors de la chute des cours, ces fonds censés constituer le bouclier des paysans se sont volatilisés.
À ce jour, aucune explication n’a été fournie, ni par le gouvernement, ni par le Conseil Café-Cacao. Plus grave encore, aucune trace de ces sommes n’apparaît dans le budget de l’État.
Créer un nouveau fonds dont la traçabilité pourrait disparaître serait une erreur politique et sociale majeure. Pour que le FSD-CI soit crédible, il est impératif que la lumière soit faite sur la gestion passée de la filière café-cacao.
Le Président Alassane Ouattara doit mettre la pression sur les acteurs du secteur afin de situer les responsabilités.
En l’absence de reddition de comptes, le risque est de confier ce nouvel instrument à des gestionnaires qui pourraient, une fois de plus, s’affranchir des règles de l’art.
En bout de chaîne, c’est le Président de la République qui sera tenu pour seul comptable, devant l’histoire et devant les Ivoiriens, des agissements de ceux qu’il aura nommés.
Pour que le fonds souverain soit réellement un héritage pour les générations futures, il doit d’abord prouver qu’il n’est pas un énième gouffre financier, mais bien le pilier d’une Côte d’Ivoire transparente et protectrice de ses producteurs.
Que Dieu guide nos pas et éclaire nos consciences !
23/03/2026
Après plus de quinze années de pouvoir du RHDP, les coupures d’électricité ressemblent désormais à de véritables tontines de quartier.Si Yopougon est plongé dans le noir aujourd’hui, demain ce sera Abobo, et ainsi de suite. Une rotation bien rodée…
Aujourd’hui, dans notre pays, l’électricité n’est plus une évidence. Elle est devenue une incertitude. Et pour des millions d’Ivoiriens, cette incertitude se transforme chaque jour en souffrance. Des coupures surviennent sans préavis et durent parfois deux à trois jours, plongeant des familles entières dans des conditions de vie éprouvantes.
Dans les petits commerces, chaque coupure est une perte directe. Poissonneries, salons de coiffure, ateliers de couture, imprimeries… tous subissent les conséquences d’une gestion hasardeuse. Derrière ces réalités, ce sont des revenus qui disparaissent, des efforts réduits à néant et, parfois, des espoirs qui s’éteignent.
Mais au-delà de la récurrence de ces coupures, c’est surtout l’ampleur de la contradiction qui choque. Hier, le RHDP, alors dans l’opposition, faisait du délestage l’un de ses principaux arguments politiques, qualifiant le pouvoir d’alors d’incapable et promettant une gestion exemplaire, efficace et irréprochable.
Aujourd’hui, la réalité est sans appel.
ceux qui dénonçaient l’incapacité gouvernent… et reproduisent les mêmes échecs, parfois avec encore plus d’ampleur.
Selon le porte-parole du gouvernement, les difficultés relèvent davantage du réseau de distribution que de la capacité de production. Si tel est le cas, pourquoi le gouvernement, via le ministère de l’Énergie, n’anticipe-t-il pas le renouvellement et la modernisation de ces infrastructures énergétiques ? Pourquoi attendre que les populations souffrent pour agir ? Le rôle d’un gouvernement est d’anticiper, pas de courir derrière les crises comme un pompier dépassé.
La Compagnie Ivoirienne d'Électricité, unique concessionnaire privé et en première ligne, est devenue le paratonnerre d’une colère populaire légitime. Mais il serait trop facile de lui faire porter seule le poids de cette débâcle. Lorsque les lignes vieillissent, que les transformateurs saturent ou que des quartiers entiers subissent des baisses de tension répétées, la responsabilité ne relève pas uniquement de l’opérateur. Elle incombe avant tout à l’État de Côte d’Ivoire qui, à travers CI-ENERGIES, doit financer et planifier le renouvellement des infrastructures.
Quant aux associations de consommateurs, censées défendre les intérêts des populations, elles ont soit démissionné, soit elles semblent s’être alignées sur le pouvoir.
Et que dire de ANARE-CI ? Censée protéger les usagers, elle brille par un silence difficile à justifier. Une autorité de régulation qui ne régule rien, sinon la frustration des populations, devient une institution inutile ,voire complice.
Pendant ce temps, le peuple subit. Il endure. Il encaisse.Réduit à l’impuissance, abandonné à lui-même, il est contraint de se résigner face à un service public défaillant et à un pouvoir qui, manifestement, ne mesure plus l’ampleur de sa responsabilité.
Que Dieu guide nos pas et éclaire nos consciences !
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