Jeunesse Communiste Révolutionnaire
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PREMIER MAI : MOBILISATION DES TRAVAILLEURS DU MONDE ENTIER
Vendredi 1er mai, des mobilisations de travailleurs dans plus d’une centaine de pays ont marqué cette journée historique de lutte pour le droit des travailleurs de vivre dignement et contre l’exploitation capitaliste.
En cette occasion de journée internationale de luttes, des manifestations se sont déroulées partout dans le monde, de l’Asie à l’Amérique, en passant par l’Afrique et l’Europe. Presque partout où il y a des travailleurs qui vendent leur force de travail contre un salaire, ce premier mai a été célébré dans la tradition de luttes qu’il symbolise depuis 1886, l’année où la classe ouvrière américaine a lancé les luttes pour les huit heures.
C’est en l’honneur de cette journée tragique au cours de laquelle plusieurs ouvriers américains ont été tués lors des affrontements avec la police que les dirigeants de la Deuxième Internationale l’avaient choisie en 1889 comme journée de mobilisation internationale.
Cette année, comme c’est le cas depuis une demi-douzaine d’années, le premier mai est célébré dans un contexte dominé par les guerres et le militarisme, un contexte marqué par la dégradation des conditions de vie des masses exploitées et le durcissement des régimes bourgeois.
En France, les cortèges des diverses organisations syndicales ont dénoncé, dans plusieurs villes, le projet de loi du gouvernement visant à faire du premier mai un jour ouvrable.
En Grèce et en Italie, les travailleurs se sont mobilisés contre la politique anti-ouvrière des dirigeants d’extrême droite. En Turquie, la répression gouvernementale contre les manifestations a été telle qu’environ 576 personnes ont été arrêtées.
En Corée du Sud, aux Philippines et au Bangladesh, les foules de travailleurs, drapeaux rouges à la main, ont défendu leurs droits.
Et en Haïti, malgré la dictature des gangs, les travailleurs se sont rassemblés devant le parc industriel SONAPI pour écouter les messages du porte-parole de l’OTR et de la centrale syndicale SOTA. Puis s’est déroulée une manifestation au cours de laquelle ils ont mis en avant leurs deux principales revendications, défendues depuis le 13 avril 2026.
Dans un contexte de montée du nationalisme, de la xénophobie et du racisme visant à diviser les travailleurs, les mobilisations du premier mai prouvent que la classe ouvrière est internationale et transcende toutes les frontières.■
VENT DE REVOLTE AU CAP-HAITIEN
Blocage des routes, pneus enflammés sur la chaussée, manifestations dans plusieurs quartiers, arrêt partiel voire total des activités scolaires et du commerce. Depuis une semaine, les Capois se mobilisent dans les rues boueuses de la ville pour dénoncer l’état d’abandon total de leur département plus particulièrement de la ville du Cap-Haitien. Ils exigent l’intervention urgente des autorités pour améliorer leur quotidien après des pluies et devant l’état catastrophique des routes et ouvrages de drainage.
La ville du Cap-Haitien, ce sont des piles d’immondices qui s’amoncèlent à chaque coin de rue, des canaux qui sont obstrués depuis de nombreuses années, c’est une poussière quasi permanente quand il ne pleut pas et des constructions anarchiques ici et là. Après chaque pluie, les rues sont pleines d’alluvions et couvertes de boue. Une odeur pestilentielle en permanence se dégage dans l’air et pique les narines. Les marchés publics sont un peu partout. Dans les rues, de nombreux animaux errants contestent les espaces aux habitants. La circulation est dense avec des bouchons dès les premières heures de la journée. La ville suffoque et le pire est à craindre.
L’état de délabrement physique de la ville du Cap-Haitien a empiré depuis le déferlement de la violence des gangs dans le département de l’Ouest. Fuyant la capitale et la ville de Mirebalais entre autre, des milliers de familles ont trouvé refuge dans le Nord, la ville du Cap-Haitien en particulier. Devenu le principal lieu de sortie du pays, la ville reçoit également, en transit, les autorités de l’Etat, le personnel diplomatique, les ONG et les passagers lambda dans un petit aéroport exigu.
Malgré cet afflux de gens, la multiplication des activités portuaires et aériennes, aucune initiative d’envergure n’a été entreprise par les autorités locales et nationales pour stopper la dégradation de l’environnement même à court terme. Les déchets sur la chaussée se multiplient, la situation se complique pour la population à chaque pluie, la circulation des gens devient plus compliquée dans le déni des responsables.
Jeudi 30 avril, les manifestants ont forcé un ministre du gouvernement envoyé au Cap-Haitien pour éteindre la contestation en cours à descendre de sa voiture blindée pour circuler à pied dans certaines rues inondées. Sur une photo diffusée sur les réseaux, on le voit avec un mouchoir devant son visage tentant de diminuer l’entrée les odeurs pourries des rues dans son organisme.
À la pléthore des ministres, directeurs généraux délégués au Cap-Haitien à l’occasion, les manifestants ont clamé qu’ils ne veulent plus de promesses fallacieuses sans lendemain tout en continuant leurs contestations dans les rues. Ils ont raison. ■
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