Le Dossier
Le Dossier est un journal d'informations générales, d'analyses et d'enquêtes en lien avec l'actualité nationale et internationale.
08/07/2022
Rencontre entre le Président Damiba et les anciens chefs d'Etat
Mettons b***e à terre
Chaque citoyen est libre de ses opinions et de ses convictions politiques, religieuses et philosophiques. Mais pour l'intérêt supérieur de la Nation, nous devons mettre b***e à terre. Autant les scènes de liesse offertes par les partisans de Blaise Compaoré sont indécentes, autant les appels aux anciens chefs d'Etat à ne pas participer à la réunion convoquée par le président du Faso Paul-Henri Sandaogo Damiba le sont aussi.
Michel Kafando pourrait ne pas être disponible pour raison de santé. Quant à Yacouba Issac Zida, il serait confronté à des contraintes indépendantes de sa volonté. Par contre, Roch Marc Christian Kaboré, à mon humble avis, sera bel et bien présent. Le président Kabore est un patriote et est très attaché à son pays. Il a d'ailleurs été victime de traîtrise dans son propre camp où des proches collaborateurs en qui ils vouaient une confiance aveugle avaient en projet de lui faire un coup d'Etat mais celui du 24 janvier 2022 est venu leur couper l'herbe sous les pieds. Roch Marc Christian Kaboré est sans doute plus déçu de ces actes de trahison que du putsch des jeunes officiers. Et je pense qu'il est favorable au processus de réconciliation nationale entamé et jouera sa partition pour contribuer à l'apaisement des cœurs et des esprits.
La simple tenue du procès Thomas Sankara, 35 ans après l'assassinat du leader de la Révolution burkinabè, est déjà une grande victoire pour tous les combattants de la lutte pour la justice et contre l'impunité. Ils sont à saluer pour leur combat et leur résilience.
Nous devons à présent tourner les pages sombres et douloureuses de l'histoire politique de notre pays et faire en sorte que plus jamais un individu ou un groupe d'individus ne puisse(nt) envoyer ad patres un ou des compatriote(e) du fait du pouvoir politique.
Pour ma part, je ne cesserai jamais de lancer des messages d'appel à l'union, à la cohésion, au pardon et à l'apaisement. Rien est au-dessus de la Nation. Face à un péril qui menace l'existence même du pays, toutes les intelligences doivent apporter leur pierre à la pierre.
Bon vendredi à toutes et à tous.
Adama Ouédraogo
dit Damiss
23/06/2022
MOMENT DE HAUTEUR D’AME A LA PRESIDENCE DU FASO.
AU NOM DE L’UNITE NATIONALE : JBO, ROCH ET DAMIBA, ENSEMBLE.
Le Président du Faso, Paul Henri Damiba, a reçu le mardi 21 juin 2022, ses Pères prédécesseurs Jean-Baptiste Ouédraogo et Roch Kaboré.
Si le Président Jean-Baptiste est un inconditionnel des moments d’unité, l’acceptation d’une telle rencontre par Roch Kaboré qui sort d’un épisode assez difficile, est le signe que l’homme est pétri d’humilité, de dignité et de sens de la nation.
Dans la chaleur des émotions haineuses dont vit certains de nos compatriotes, cette rencontre apporte de la fraicheur et annonce l’espoir d’un Faso uni contre son ennemi principal du moment qu’est le terrorisme. Elle constitue un chiffon blanc hissé par des personnalités qui ont expérimenté les rigueurs de l’intérêt national. Il reste à l’ensemble des Burkinabè d’en saisir toute la portée en renonçant à la tentation d’élever le chiffon rouge de la haine et du déchirement national.
Nous saluons le courage du Président Damiba et l’invitons à maintenir le contact avec ces conseillers très précieux. Mieux, nous lui suggérons d’élargir ce cadre d’échange aux Présidents Michel Kafando et Blaise Compaoré. Au-delà de cette apparition à la télévision, Le Président actuel et ses quatre prédécesseurs doivent aller sur le terrain, au-devant du peuple, du mieux qu’ils peuvent, pour apporter cette douceur au plus près des populations qui en ont tant besoin. La répétition de ce type d’exercice de paix et de cohésion contribuera à faire de la tolérance et de la fraternité, les antiennes de toutes et de tous au pays des hommes intègres.
Tiécoura Fofana
Le Journal Le Dossier
08/06/2022
Mahamadou Issoufou, Médiateur de la CEDEAO au Burkina Faso
Une désignation qui passe mal
L’une des conclusions du dernier sommet des Chefs d’Etat de la CEDEAO tenue à Accra le 4 juin 2022 qui aura retenu l’attention des Burkinabè est sans doute la désignation de l’ancien président de la République du Niger « en qualité de Médiateur de l’institution sous-régionale pour le Burkina Faso afin de faciliter le dialogue entre l’ensemble des parties prenantes. ». Sans conteste, Mahamadou Issoufou a l’étoffe et l’expérience pour jouer ce rôle. Homme politique d’envergure et ancien chef d’Etat démocratiquement élu pour deux mandats successifs de cinq ans à la tête du Niger, il a, dans sa longue carrière politique, géré des dossiers très complexes. Nul doute donc qu’il a le profil de l’emploi. Seulement voilà : le Président Issoufou est mal perçu par certains acteurs de la scène politique burkinabè qui estiment qu’il est partie prenante de la crise burkinabè.
En effet, il est de notoriété publique que c’est l’ancien président du Faso, Blaise Compaoré, qui a facilité son accession au pouvoir en 2011 grâce à un accord avec l’opposant Hama Amadou. Mais une fois aux affaires, il a tourné dos à l’ex-locataire de Kosyam pour s’allier avec Alpha Condé et Ibrahim Boubacar Keita, tous membres de l’Internationale Socialiste.
Par la suite, il accueille Salif Diallo à Niamey et soutient l’opposition burkinabè dans l’organisation de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Et lorsqu’il s’est agi de la dévolution du pouvoir selon la loi fondamentale afin que Soungalo Ouattara alors chef du parlement burkinabè puisse succéder au président démissionnaire Blaise Compaoré, le Nigérien n’en était pas un fervent défenseur préférant une transition qui va faciliter l’arrivée au pouvoir de feu Salif Diallo et ses camarades
En 2015, Mahamadou Issoufou a soutenu financièrement le MPP et n’aurait pas donné un seul kopeck à certains adversaires du candidat Roch Marc Christian Kaboré.
Il ressort également de certains milieux bien introduits que l’ex-Chef d’Etat du Niger et feu le Maréchal Idriss Deby du Tchad disaient à qui voulait l’entendre qu’au Burkina Faso, il n’y avait pas de militaires capables de renverser leur ami Roch Marc Christian Kaboré. Et voilà que de jeunes officiers avec en tête le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba ont prouvé le contraire.
De ce qui précède, Mahamadou Issoufou pourra-t-il être un médiateur impartial, objectif et accepté face à des militaires qu’il considérait comme des incapables ? En outre, pourra-t-il être un médiateur neutre eu égard à l’étroitesse de sa proximité avec celui qui était encore le locataire de Kosyam jusqu’à la date du 24 janvier 2022 ? Ne va-t-il pas aborder des questions qui pourraient fâcher les autorités de la Transition ?
On peut légitimement se poser de nombreuses questions quant à la pertinence du choix de l’ancien président nigérien, Mahamadou Issoufou, pour réussir le dialogue entre la CEDEAO et les acteurs politiques burkinabè.
Par conséquent, il appartient aux responsables de la CEDEAO de revoir leur copie afin d’éviter de perdre le temps avec un médiateur désigné qui manifestement pourrait être difficilement accepté du coté de Ouagadougou.
Adama Ouédraogo dit Damiss
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