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Éclosion de la maladie Ebola – situation actuelle
En mai 2026, une éclosion de la maladie Ebola causée par le virus Bundibugyo a été déclarée en République démocratique du Congo et en Ouganda. Le risque global pour la population générale au Canada demeure faible pour le moment. Si une personne infectée venait à entrer au Canada, la transmission devrait être limitée grâce aux mesures de santé publique en place, aux mesures de dépistage renforcées aux frontières et au fait que le virus nécessite un contact direct avec les fluides corporels ou les tissus des personnes infectées.
L'Agence de la santé publique du Canada surveille activement l'éclosion en étroite collaboration avec ses partenaires internationaux, notamment l'Organisation mondiale de la Santé, ainsi qu'avec les autorités provinciales et territoriales de santé publique.
Évaluation rapide des risques : maladie Ebola causée par le virus Bundibugyo en République démocratique du Congo et en Ouganda (document technique)
La maladie Ebola est le terme pour un groupe de maladies rares causées par le virus Ebola, le virus du Soudan, le virus Bundibugyo et le virus Forêt Taï. Ces informations s'appliquent à toutes ces maladies, sauf indication contraire.
Sur cette page
Symptômes de la maladie Ebola
Si vous tombez malade
Diagnostic de la maladie Ebola
Traitement de la maladie Ebola
Symptômes de la maladie Ebola
Les symptômes de la maladie Ebola peuvent se manifester de 2 à 21 jours après l'exposition au virus, peuvent commencer soudainement et peuvent comprendre :
une fièvre;
des frissons;
des maux de tête;
un mal de gorge;
une fatigue;
des douleurs articulaires;
des douleurs et faiblesses musculaires.
Ces symptômes peuvent aussi être suivis de :
de nausées;
de vomissements qui peuvent présenter des saignements;
d'une diarrhée qui peut présenter des saignements;
d'une éruption cutanée;
d'une hémorragie (saignements).
La maladie Ebola évolue souvent vers une maladie grave qui peut être mortelle. Les personnes survivantes peuvent encore présenter des symptômes pendant de plus longues périodes de rétablissement, notamment :
des douleurs articulaires;
des maux de tête;
des douleurs musculaires
une perte auditive;
une fatigue;
des symptômes psychologiques, notamment :
de l'anxiété;
de l'insomnie
une dépression.
Si vous tombez malade
Isolez-vous immédiatement des autres personnes et appelez votre autorité de santé publique si quelqu'un de votre ménage :
présente tout symptôme de la maladie Ebola et
a voyagé dans une région touchée par la maladie Ebola au cours des 21 derniers jours.
Décrivez vos symptômes au téléphone, dites à votre autorité sanitaire locale où vous avez voyagé ou séjourné et mentionnez les risques d'exposition possibles. Pour plus d'informations sur le risque d'exposition, voir la page Prévention et risques.
Pour déterminer si la maladie Ebola représente un risque à votre destination, consultez l'onglet « Santé » de la page conseils aux voyageurs et avertissements de votre pays de destination.
Ne vous rendez pas immédiatement chez un médecin ou à l'hôpital. L'autorité de santé publique prendra les dispositions nécessaires pour votre évaluation médicale.
Suivez les consignes qui vous sont données et :
continuez de vous isoler des autres personnes qui vous entourent;
évitez tout contact physique avec des personnes, des animaux de compagnie ou d'autres animaux;
lavez-vous les mains fréquemment, surtout après avoir vomi ou utilisé les toilettes.
Il est important de prendre des mesures pour empêcher les autres personnes de tomber malades. Assurez-vous que personne n'entre en contact avec vos liquides corporels, notamment :
le sang;
l'urine;
les selles;
les vomissures;
la salive;
la sueur;
le sperme;
le lait maternel.
Assurez-vous que personne n'entre en contact avec tout autre objet qui aurait pu être en contact avec vos liquides corporels, comme :
les toilettes;
les draps;
les vêtements;
les articles de toilette.
Les autres membres de votre ménage ne doivent pas manipuler vos déchets ou effectuer des tâches de nettoyage et de désinfection dans votre domicile. Votre autorité de santé publique vous expliquera comment gérer les déchets contaminés ainsi que nettoyer et désinfecter votre domicile adéquatement.
Pour en savoir plus :
Maladie Ebola : Prévention et risques
Autorités régionales en matière de santé publique
Diagnostic de la maladie Ebola
Votre médecin peut soupçonner un cas de maladie Ebola en se basant sur vos symptômes et vos antécédents de voyage. Il veillera à ce que des analyses de laboratoire soient réalisées pour diagnostiquer la maladie Ebola, car ses symptômes ressemblent beaucoup à ceux d'autres maladies infectieuses qui peuvent être présentes dans les mêmes régions, comme le paludisme, la dengue ou la fièvre de Lassa.
Pour en savoir plus :
Paludisme
Dengue
Fièvre de Lassa
Traitement de la maladie Ebola
Il n'existe actuellement aucun traitement homologué contre la maladie Ebola au Canada. Les patients atteints de la maladie Ebola peuvent recevoir de l'oxygène, des solutions intraveineuses ou d'autres médicaments pour les aider à gérer leurs symptômes.
La maladie Ebola est une maladie grave, souvent mortelle. Plus vite vous demandez de l'aide, meilleures sont vos chances de survie.
Les essais cliniques pour certains traitements ont montré des résultats positifs pour la maladie Ebola causée par le virus Ebola. Cependant, aucune utilisation n'a encore été approuvée au Canada.
Vaccination
Un vaccin appelé Ervebo® est approuvé au Canada pour prévenir la maladie Ebola causée par le virus Ebola. Il ne fait pas partie des vaccinations systématiques recommandées ou encore des vaccinations avant le voyage. Il pourrait cependant être utilisé pour aider à contrôler une éclosion au Canada.
Le vaccin Ervebo® n'est ni approuvé ni recommandé pour prévenir la maladie Ebola causée par :
le virus du Soudan;
le virus Forêt Taï;
le virus Bundibugyo.
Trouble de l'adaptation
Qu'est-ce que le trouble de l'adaptation : symptômes, critères diagnostiques (DSM-5)
Le trouble de l'adaptation est caractérisé par la présence de symptômes émotionnels ou coportementaux en réponse à un stress identifiable.
Le diagnostic est posé lorsque ces symptômes ne rencontrent pas les critères d'un autre trouble tel que dépression, trouble anxieux, état de stress aigu, état de stress post-traumatique… Santé
Par exemple, les personnes souffrant d'un burnout, reçoivent souvent un diagnostic de trouble de l'adaptation ou de dépression selon les symptômes présents.
Voici les critères diagnostiques du DSM-5 (1) pour le trouble de l'adaptation :
Survenue de symptômes émotionnels ou comportementaux, en réponse à un ou plusieurs facteurs de stress identifiables, dans les trois mois suivant l'exposition au(x) facteur(s) de stress.
Ces symptômes ou comportements sont cliniquement significatifs, comme en témoigne un ou les deux éléments suivants :
Détresse marquée hors de proportion par rapport à la gravité ou l'intensité du facteur de stress, compte tenu du contexte externe et des facteurs culturels qui pourraient influencer la gravité des symptômes et la présentation. Stresset anxiété
Altération significative du fonctionnement social, professionnel ou dans d'autres domaines importants.
La perturbation causée par le facteur de stress ne répond pas aux critères d'un autre trouble mental et n'est pas simplement une exacerbation d'un trouble mental préexistant.
Les symptômes ne sont pas ceux d'un deuil normal.
Une fois que le facteur de stress ou ses conséquences sont terminés, les symptômes ne persistent pas au-delà d'une période additionnelle de 6 mois.
Le trouble de l'adaptation est dit aigu si la perturbation persiste moins que 6 mois. Il est dit chronique si elle persiste 6 mois ou plus.
Types de trouble de l'adaptation
Le diagnostic spécifie le type de trouble de l'adaptation : Santémentale
Avec humeur dépressive : baisse de l’humeur, larmoiement ou sentiment de désespoir sont au premier plan.
Avec anxiété : nervosité, inquiétude, énervement ou anxiété de séparation sont au premier plan.
Mixte avec anxiété et humeur dépressive : une combinaison de dépression et d’anxiété est au premier plan.
Avec perturbation des conduites : la perturbation des conduites est au premier plan.
Avec perturbation mixte des émotions et des conduites : les symptômes émotionnels (p. ex. dépression, anxiété) et la perturbation des conduites sont au premier plan.
Non spécifié : les réactions inadaptées ne sont pas classables comme un des types spécifiques
Le trouble panique
C'est un trouble anxieux caractérisé par la survenue récurrente d'attaques de panique inattendues, accompagnées d'une crainte persistante de nouvelles crises. Il touche environ 2 à 3 % de la population générale et apparaît le plus souvent entre 20 et 30 ans. Ce guide présente les connaissances médicales actuelles sur cette pathologie.
À retenir
Attaques de panique récurrentes et inattendues
Symptômes physiques intenses : palpitations, sueurs, vertiges
Prédisposition génétique significative
Événements de vie stressants comme déclencheurs
Critères DSM-5 : crises récurrentes + anxiété persistante
Téléconsultation et Trouble panique
Partiellement adaptée à la téléconsultationLe trouble panique peut être partiellement évalué à distance par l'analyse des symptômes et de leur fréquence, mais nécessite souvent un examen clinique pour éliminer des causes organiques et évaluer l'impact fonctionnel. La téléconsultation peut être utile pour le suivi thérapeutique et l'ajustement des traitements chez des patients déjà diagnostiqués.
Ce qui peut être évalué à distance
Description détaillée des crises de panique (symptômes physiques et psychiques, durée, déclencheurs), évaluation de la fréquence et de l'intensité des épisodes, analyse de l'impact sur la qualité de vie et le fonctionnement quotidien, évaluation de l'évitement phobique et des comportements adaptatifs, suivi de l'observance et de l'efficacité des traitements en cours.
Ce qui nécessite une consultation en présentiel
Examen physique pour éliminer des pathologies organiques (cardiaques, thyroïdiennes, respiratoires), évaluation clinique approfondie du risque suicidaire, réalisation d'examens complémentaires si suspicion de cause organique, évaluation de comorbidités psychiatriques complexes.La téléconsultation ne remplace pas une prise en charge urgente. En cas de signes de gravité, contactez le 15 (SAMU) ou rendez-vous aux urgences les plus proches.
Préparer votre téléconsultation
Pour que votre téléconsultation soit la plus efficace possible, préparez les éléments suivants :
Symptômes et durée : Noter précisément les symptômes lors des crises (palpitations, sueurs, tremblements, sensation d'étouffement, douleurs thoraciques, nausées, vertiges, peur de mourir), leur durée exacte, leur fréquence depuis le début des troubles, les facteurs déclenchants identifiés et les situations évitées.
Traitements en cours : Mentionner tous les psychotropes pris (antidépresseurs ISRS/IRSNA comme sertraline, paroxétine, venlafaxine, benzodiazépines comme alprazolam, lorazépam), les posologies et la durée de traitement, les traitements non médicamenteux (psychothérapie TCC), les automédications utilisées.
Antécédents médicaux pertinents : Antécédents personnels de troubles anxieux, dépressifs ou bipolaires, antécédents familiaux de troubles psychiatriques, traumatismes psychiques, consommation de substances (alcool, cannabis, stimulants), pathologies thyroïdiennes, cardiaques ou respiratoires.
Examens récents disponibles : Résultats d'examens cardiaques (ECG, échographie), bilans thyroïdiens (TSH, T3, T4), examens respiratoires si réalisés, bilans biologiques récents, comptes-rendus de consultations psychiatriques ou psychologiques antérieures.
Limites de la téléconsultation
Situations nécessitant une consultation en présentiel :Premier épisode de trouble panique nécessitant un bilan organique complet, crises très fréquentes avec retentissement fonctionnel majeur, suspicion de pathologie cardiaque, thyroïdienne ou respiratoire sous-jacente, échec de plusieurs lignes thérapeutiques nécessitant une réévaluation diagnostique approfondie.Situations nécessitant une prise en charge en urgence :Idées suicidaires avec plan précis ou tentative de su***de, état de panique continu avec impossibilité de fonctionner, symptômes évoquant une urgence cardiaque (douleur thoracique intense persistante), détresse respiratoire majeure.
Fièvres typhoïde et paratyphoïde
Salmonella spp. Bactéries à Gram négatif, aérobies ou anaérobies facultatifs à transmission oro-fécale - © Institut Pasteur
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Les fièvres typhoïde et paratyphoïdes sont des maladies infectieuses potentiellement mortelles en l’absence de traitement. Ces fièvres surviennent le plus souvent dans des zones où l’hygiène est précaire et frappent principalement les pays à faible revenu ou revenu intermédiaire. En France, de 100 à 250 cas sont répertoriés chaque année chez des voyageurs ou des personnes originaires de zones d’endémie (Afrique, Asie, Amérique latine).
Estimation de 14 millions de cas et plus de 130 000 morts par an, dans le monde.
En France, 8 000 à 13 000 souches de Salmonella spp. sont expertisées chaque année par le Centre national de référence (qui existe depuis 1947 à l’Institut Pasteur à Paris).
Parmi ces souches, 100 à 250 sont responsables de fièvres typhoïde et paratyphoïdes.
Quelles sont les causes ?
Comment se transmet la maladie ?
Quels sont les symptômes ?
Comment diagnostiquer la maladie ?
Quels sont les traitements ?
Comment prévenir la maladie ?
Quelle population est touchée ?
Combien de personnes touchées ?
Voir toutes les fiches maladies
Mise à jour - Novembre 2024
Quelles sont les causes ?
Les fièvres typhoïdes et paratyphoïdes sont causées par des bactéries appartenant au genre Salmonella, mais dont le réservoir est strictement humain. Ces bactéries appartiennent au sérotype Typhi ou moins fréquemment aux sérotypes Paratyphi A, B ou C.
Comment se transmet la maladie ?
La contamination résulte, le plus souvent de l’ingestion d’eau ou d’aliments ayant subi une contamination fécale d’origine humaine ou d’une transmission directe de personne-à-personne.
Quels sont les symptômes ?
Une à trois semaines après la contamination survient une fièvre continue accompagnée de maux de tête, d'anorexie, d'abattement, de douleurs abdominales avec diarrhée ou constipation et parfois d’une éruption cutanée.
Dans les formes bénignes, l’état reste stationnaire pendant une quinzaine de jours puis la convalescence dure plusieurs semaines. Dans les formes plus graves où des complications peuvent survenir au niveau de l’intestin, du cœur ou du cerveau, la fièvre typhoïde peut être fatale en l’absence de traitement.
Le taux de mortalité est de 10% en l’absence de traitement antibiotique efficace comparé à moins de 1% pour les autres formes de salmonellose
Comment diagnostiquer la maladie ?
Le diagnostic est généralement confirmé par la culture bactériologique du sang (hémoculture), de moelle osseuse ou d'un échantillon de selles (coproculture), qui permet d'isoler les bactéries responsables de la maladie.
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Deux pathogènes insoupçonnés auraient frappé la grande armée napoléonienne lors de la retraite de Russie en 1812
Quels sont les traitements ?
Une antibiothérapie appropriée abaisse le risque de mortalité à moins de 1%. Les fluoroquinolones (ciprofloxacine), les céphalosporines de troisième génération ou l’azithromycine sont des antibiotiques de choix pour traiter les fièvres typhoïdes et paratyphoïdes. Cependant de plus en plus de souches résistantes aux antibiotiques sont isolées, en particulier en Asie du Sud-Est et dans le sous-continent Indien. Ainsi plus de 90 % des souches isolées dans ces régions sont de sensibilité diminuée aux fluoroquinolones (1). Depuis 2018, des souches résistantes à la fois à la ciprofloxacine et aux céphalosporines de troisième génération ont été isolées en France métropolitaine (1). Plus récemment des souches résistantes à l’azithromycine sont apparues. Toutes ces souches originaires d’Asie du Sud sont sous étroite surveillance au CNR.
Comment prévenir la maladie ?
La prévention repose sur la surveillance épidémiologique et la lutte contre le « péril fécal ». La dissémination des bactéries peut être enrayée par : une distribution d’eau de qualité, bactériologiquement contrôlée, le traitement des eaux usées, la généralisation du tout-à-l’égout, le contrôle des zones de récolte des coquillages, la pasteurisation des aliments, beurre et lait en particulier et le respect strict des règles d’hygiène pour tous les travailleurs du milieu de la restauration.
Des vaccins anti typhoïdique administrés par injection (unique) ou par voie orale (trois prises), peuvent être recommandés chez les voyageurs. L’effet protecteur dure environ 3 ans et le taux de protection en zone d’endémie est de l’ordre de 60%. Cette vaccination vient toutefois en complément des mesures essentielles d’hygiène générale vis-à-vis de l’eau et des aliments et du lavage des mains.
Quelle population est touchée ?
Les fièvres typhoïde et paratyphoïdes sont causées par des sérotypes de Salmonella strictement adaptés à l'homme, majoritairement Typhi, puis par ordre de fréquence décroissante, Paratyphi A, certaines souches de Paratyphi B et Paratyphi C. La contamination se fait par ingestion d’eau ou d’aliments ayant subi une contamination fécale d’origine humaine. Comme toutes les maladies à transmission oro-fécale, ces fièvres surviennent le plus souvent dans des zones où l’hygiène est précaire, et frappent principalement les pays en développement en Asie, en Afrique ou en Amérique Latine.
Combien de personnes touchées ?
Les données mondiales les plus récentes font état de plus de 14,3 millions de cas annuels de fièvre typhoïde et paratyphoïdes entraînant plus de 135 000 morts (plus de 20 millions de cas et 230 000 morts en 1990) (2).
La maladie, bien que beaucoup plus rare actuellement, reste toujours présente dans les pays industrialisés.
En France, les fièvres typhoïde et paratyphoïdes sont des maladies à déclaration obligatoire (DO) auprès des instances sanitaires depuis 1903. Depuis 2003, 100 à 250 souches de Salmonella Typhi et Paratyphi, isolées en France métropolitaine sont répertoriés chaque année au CNR (1). Ces souches proviennent quasi-exclusivement de cas importés (Afrique et sous-continent Indien). Cependant, deux petites épidémies (7 à 10 cas) en lien avec des lieux de restauration ont été identifiées à Paris en 2003 et 2006. La source de la contamination était à chaque fois liée à la présence dans ces lieux de restauration d’employés porteurs sains de l’infection. L’existence de porteurs sains est une particularité de ces infections. Après guérison d'une fièvre typhoïde, 2 à 5% des individus continuent d’héberger l’agent pathogène (essentiellement au niveau de la vésicule biliaire) et sans signe clinique. A partir de ce réservoir, les bactéries sont excrétées épisodiquement dans les selles et peuvent être donc à l’origine de nouvelles infections de l’entourage. La fièvre typhoïde reste une maladie endémique sur le territoire national à Mayotte. En 2022, 111 cas de fièvre typhoïde confirmés au laboratoire ont été signalés dans ce département français (1).
Tuberculose
Symptômes de la tuberculose
Si vous croyez être atteint de la tuberculose
Diagnostic de la tuberculose
Traitement de la tuberculose
Symptômes de la tuberculose
Les symptômes de la tuberculose active sont les suivants :
une toux persistante qui :
dure plus de deux semaines
s’accompagne parfois de sang
s’accompagne parfois de mucosité (liquide épais provenant des poumons ou des voies respiratoires)
douleurs thoraciques
des faiblesses ou une fatigue
une perte de poids
une perte d’appétit
des frissons
de la fièvre
des sueurs nocturnes
Les symptômes de la tuberculose touchent principalement les poumons et les voies respiratoires, mais ils peuvent aussi toucher d’autres parties du corps, par exemple :
cerveau
colonne vertébrale
os
reins
ganglions lymphatiques (de petits organes en forme de fèves disséminés partout dans l’organisme qui aident le corps à reconnaître et à combattre les germes)
Environ 90 % des personnes infectées par la tuberculose ne développent pas la maladie. C’est ce qu’on appelle une infection tuberculeuse latente (ITL). La personne infectée :
ne se sent pas malade
n’a aucun symptôme
ne transmet pas la tuberculose à d’autres personnes
Les personnes qui tombent malades souffrent de la tuberculose active.
Dans les cas graves, la maladie peut causer la mort si elle n’est pas traitée.
Si vous croyez être atteint de la tuberculose
Communiquez avec votre fournisseur de soins de santé si vous :
présentez un ou plusieurs symptômes
pensez avoir été exposé aux germes de la tuberculose
Si vous avez une tuberculose pulmonaire, vous pouvez l’avoir transmise à d’autres personnes sans le savoir. Votre fournisseur de soins de santé discutera avec vous des personnes que vous côtoyez. Ainsi, il sera certain qu’un examen leur est proposé.
Le traitement contribuera à prévenir la propagation et/ou l’aggravation de la maladie.
Diagnostic de la tuberculose
Un test cutané et/ou une analyse sanguine permettent de détecter la tuberculose.
Le test cutané consiste à vous injecter une petite quantité de protéine tuberculeuse non infectieuse sous la peau du bras. Cette protéine ne peut pas propager la maladie.
Il peut falloir de deux à trois jours avant que votre peau réagisse à l’injection si le résultat est positif. Le cas échéant, vous devrez subir d’autres tests pour déterminer si vous êtes atteint de la tuberculose latente ou active. Ces tests peuvent comprendre les suivants :
un examen médical
une radiographie pulmonaire
une analyse de vos mucosités (liquide épais provenant des poumons ou des voies respiratoires)
Traitement de la tuberculose
Vous pouvez être traités par la prise d’antibiotiques.
Pour connaître les types de traitements disponibles, communiquez avec votre fournisseur de soins de santé.
Il est important que vous preniez tous vos antibiotiques en suivant l’ordonnance afin d’éviter ce qui suit :
propagation de la tuberculose pulmonaire à d’autres personnes
augmentation du risque de contracter la tuberculose à nouveau, surtout sous une forme plus difficile à traiter
Tétanos
Le tétanos (en grec ancien : τέτανος, « rigidité spasmodique du corps ») est une toxi-infection touchant l'être humain et d’autres animaux. Il est dû à une infection locale par la bactérie Clostridium tetani produisant une neurotoxine, la tétanospasmine, ciblant le système nerveux central. Cette toxine est l'un des plus puissants poisons biologiques connus. Elle entraîne la mort dans 20 à 30 % des cas. La guérison s'obtient après plusieurs jours ou semaines d'hospitalisation en réanimation et soins intensifs.
Dans les pays industriels, si cette maladie est en voie de disparition, elle persiste encore par insuffisance de vaccination. Ailleurs, elle touche surtout les femmes qui viennent d'accoucher et les nouveau-nés des régions les plus pauvres, du fait d'une absence d'hygiène et de vaccination. En 2025, ce tétanos maternel et néonatal (TMN) demeure un problème de santé publique (plus d'un cas pour mille naissances) dans 8 pays en développement.
Cette maladie n'est ni immunisante (il est possible d'être infecté plusieurs fois), ni contagieuse (pas de transmission de personne à personne). Elle n'est pas éradicable car les bactéries sont en permanence dans le sol et l'environnement, mais elle est totalement évitable par la vaccination et l'hygiène des plaies.
Historique
L'ère clinique
Les manifestations d'un tétanos déclaré sont suffisamment spectaculaires et caractéristiques pour avoir été reconnues dès la Haute Antiquité. En Égypte, le papyrus Kahun (2000 av. J.-C.) concernant les maladies des femmes, mentionne une contraction des mâchoires s'étendant à la partie postérieure du corps[1].
En Grèce (Ve siècle av. J.-C.), le tétanos est nommé par Platon[2] et décrit par Hippocrate (Des Maladies, III) sous deux formes : le tétanos (contraction des mâchoires avec rigidité du tronc et des membres) et l'opisthotonos (avec rigidité dorsale postérieure concave). Selon sa doctrine des jours critiques, il énumère les différents jours où le malade meurt ou survit (3e, 5e, 7e, 14e). Dans le texte hippocratique Aphorismes (5e section), on peut lire : « le spasme qui survient après une blessure est mortel ».
Une première description complète et précise apparaît au IIe siècle apr. J.-C. dans le Traité des maladies aiguës (livre I, chapitre 6) d'Arétée de Cappadoce (médecin romain, originaire d'Anatolie centrale). Cette description se termine ainsi :
« Calamité monstrueuse, spectacle désagréable, pénible à voir, mal irrémédiable ; dans cet état leurs amis mêmes ne peuvent les reconnaître. Si les vœux qu'on faisait auparavant pour leur mort avaient pu paraître impies, ils deviennent maintenant charitables, parce qu'il n'y a que la perte de la vie qui puisse mettre un terme à tant de souffrances, à tant de difformités. Le médecin, en effet, quoique présent ne trouve en son art aucun moyen, je ne dis pas de les guérir, mais même de les soulager. Ce serait en vain qu'il essaierait de changer leur posture : il les mettrait plutôt en pièces. Il ne lui reste donc qu'à s'affliger sur le sort de son malade, qu'il voit aux prises avec un mal auquel il ne peut remédier, et certes, il n'y a point de situation plus pénible et plus malheureuse pour un médecin[3]. »
Aucun changement notable n'apparaît jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Durant les guerres napoléoniennes, les premières statistiques de médecine militaire sur le tétanos font état de 12 à 13 cas de tétanos pour 1 000 blessés[4].
En 2023, 63 cas de tétanos ont été déclarés en Europe. Plus de la moitié d'entre eux concernait des personnes de plus de 65 ans. 13 personnes en sont mortes soit un taux de létalité de 20 % [5].
L'ère bactériologique
Clostridium tetani (figures d'un ouvrage de bactériologie vers 1889).
Au début du XIXe siècle, le tétanos est discuté sous deux formes : le tétanos chirurgical ou traumatique (lié à une plaie), le tétanos médical ou spontané (sans plaie reconnue). Les origines et les conditions du tétanos restent inconnues ou confuses : origine digestive, musculaire, nerveuse ? Conditions climatiques locales ? En 1854, Simpson émet l'idée d'un poison pénétrant dans la plaie. En effet, les manifestations du tétanos ressemblent à celles d'un empoisonnement massif à la strychnine (isolée en 1818 à partir de la noix vomique). Les recherches s'orientent alors vers la reproduction du tétanos chez l'animal.
En 1884, Antonio Carle (it) et Giorgio Rattone (it) réussissent cette transmission au lapin, en inoculant, dans le nerf sciatique, le pus d'un abcès à l'origine d'un tétanos humain.
La même année, Arthur Nicolaier fait de même chez le lapin et le cobaye en inoculant, sous leur peau, des terres de rues ou de jardins. Dans le pus des abcès provoqués, il décèle des bacilles allongés, de nature anaérobie, qu'il décrit comme l'agent spécifique du tétanos. Il ne les retrouve pas dans le tissu nerveux, renforçant l'idée que le tétanos est dû à un poison lié à une infection bactérienne locale (toxi-infection).
En 1889, Kitasato parvient à cultiver la bactérie en laboratoire, à montrer ses deux formes, végétative et sporulée.
En 1890, Knud-Faber obtient la toxine par filtration du bouillon de culture. Cette toxine tétanique, isolée et purifiée, peut alors être étudiée à la lumière des travaux menés en parallèle sur la toxine diphtérique.
L'ère immunologique
Sérums
Flacon de sérum antitétanique, Allemagne (Science Museum de Londres).
Toujours en 1890, Kitasato et von Behring immunisent des lapins par la toxine atténuée. Ils montrent que ces lapins produisent des antitoxines protectrices, injectées à d'autres lapins non immunisés, elles les protègent du tétanos. Par la suite, l'antitoxine tétanique sera obtenue en grandes quantités par l'immunisation de chevaux. C'est le début de la sérothérapie antitétanique applicable à l'Homme, celle-ci offre une protection rapide mais de courte durée (à l'époque, 8 jours environ).
Le conflit de 14-18 réalise une expérience à grande échelle, jugeant la valeur des progrès obtenus. Au début de la guerre, les réserves de sérum étaient insuffisantes, et les chirurgiens militaires étaient divisés en querelles d'écoles sur la meilleure façon de traiter les plaies. Au 1er trimestre du conflit, l'armée britannique enregistre 8 cas de tétanos pour 1 000 blessés. À partir d'août 1915, l'Institut Pasteur fournit 4 000 doses de sérum par jour et 6 millions sur toute la durée du conflit[6]. Avec l'amélioration continue du traitement des plaies et de la disponibilité du sérum, le taux de tétanos chute à moins de 1,5 cas pour 1 000 blessés. Quand l'armée américaine intervient en 1917, elle a l'avantage de profiter de l'expérience de ses alliés, avec un taux de 0,16 cas de tétanos pour 1 000 blessés à la fin du conflit[4].
Toutefois, il est apparu aussi que la sérothérapie antitétanique avait des effets indésirables, parfois graves, dont la maladie sérique (réaction allergique au sérum de cheval), ce qui limitait les possibilités de répéter les injections. Elle n'était efficace qu'effectuée rapidement, dans les 24 h après les blessures. Un vaccin humain préventif, plus sûr et de longue durée d'action, était nécessaire.
Vaccins
La recherche vaccinale se heurte à une difficulté : l'immunisation animale alors utilisée pour la production de sérum, n'est pas applicable à l'Homme[7]. Elle est trop risquée, car la toxine atténuée, chauffée et iodée, n'est pas stable, elle peut retrouver sa toxicité. Le problème est d'obtenir une anatoxine, c'est-à-dire une toxine atténuée stable (sécurité) conservant ses propriétés immunogènes (efficacité).
Christian Zoeller et Gaston Ramon.
Pierre Descombey, Gaston Ramon, Christian Zoeller trouvent la solution durant la période 1922-1927. La toxine atténuée doit être chauffée et formolée (formaldéhyde) pour la sécurité. D'autre part, l'efficacité peut être améliorée par l'ajout de substances stimulant l'immunité, comme les sels d'aluminium, c'est l'adjuvant. Enfin Ramon met au point les premières méthodes de titrage permettant de doser et mesurer la quantité et l'efficacité biologique des anatoxines. Les premières méthodes vaccinales sont précisées : nombre de doses, intervalles de temps, périodicité, rappels, etc.
À partir de 1929, en France, plusieurs types de vaccins antitétaniques sont disponibles : le vaccin simple sous forme diluée, sans adjuvant, le vaccin adsorbé, avec adjuvant, et le vaccin divalent tétanos-diphtérie.
La guerre de 39-45 sera, pour les vaccins, ce qu'a été 14-18 pour les sérums, l'occasion de juger à grande échelle. D'autant plus que les doctrines de médecine militaire, au début du conflit, sont différentes selon les belligérants. La France, le Royaume-Uni, le Canada utilisent le vaccin adsorbé ; les États-Unis, le vaccin fluide pour l'armée de terre et le vaccin adsorbé pour la marine. Les Britanniques font 2 doses sans rappel, les Américains 3 doses et un rappel, etc. Les Allemands préfèrent en rester aux sérums, en réservant la vaccination aux parachutistes, seuls susceptibles d'opérer loin de leur propre service de santé[8].
En 1942, l'armée britannique, qui compte 22 cas de tétanos depuis le début du conflit, adopte le schéma américain. Les États-Unis compteront 12 cas de tétanos sur un peu plus de 2,7 millions de blessés durant tout le conflit (ensemble des opérations), soit un taux de 0,44 pour 100 000. Du début de la Première Guerre mondiale à la fin de la seconde, les statistiques militaires des cas de tétanos sont passées de l'échelle sur 1 000 à l'échelle sur 100 000. En revanche, les hôpitaux américains et britanniques qui reçoivent les blessés allemands prisonniers font état de 53 cas de tétanos sur un seul mois de l'hiver 44-45. Durant la bataille de Normandie, les Allemands auraient eu 80 cas de tétanos, aucun chez leurs parachutistes engagés comme troupe au sol[9],[10].
De la biochimie à la génétique moléculaire
Après la guerre, la toxine tétanique et son mode d'action font l'objet d'une recherche fondamentale[11]. En 1946-1948, ce sont les premières estimations du poids moléculaire de la toxine, les travaux sur sa constitution en sous-unités et leurs structures se poursuivent au moins jusqu'en 1989. En 1957, c'est la première étude suggérant une action de la toxine sur la neurotransmission. En 1959, cette action s'opère par affinité avec des récepteurs spécifiques du tissu nerveux. En 1986, le séquençage du gène de la toxine est effectué et en 2003, celui du génome complet de la bactérie Clostridium tetani.
Représentation 3D d'une neurotoxine tétanique.
Parallèlement, les études sur l'action de la toxine à l'échelle moléculaire se poursuivent jusqu'à nos jours. Il s'agit d'identifier et de comprendre tous les évènements biochimiques qui se succèdent en cascade à partir de sa fixation au neurone jusqu'à son mode d'action terminal.
Sur le plan médical, les progrès de l'immunologie permettent de remplacer les sérums antitétaniques d'avant-guerre par leurs principes actifs purifiés, les immunoglobulines antitétaniques d'origine équine. Elles ont une plus longue durée d'action que les premiers sérums, mais avec un risque allergique persistant. Dans les années 1960, les premières immunoglobulines d'origine humaine sont disponibles, le risque allergique est réduit au minimum, mais elles coûtent beaucoup plus cher. Elles s'imposeront finalement pour être la norme dans les pays développés. Dans les années 2000, la plupart des pays en développement y accèdent progressivement, en fonction de leurs moyens et de la baisse des coûts[12].
Enfin, à partir de 1960, les progrès de la réanimation et des soins intensifs (sédation, assistance respiratoire, soutien nutritionnel, etc.) ont permis d'abaisser la mortalité du tétanos déclaré à 20-30 % contre 80-90 % à la fin du XIXe siècle[4]. Mais il ne s'agit pas là d'un traitement curatif. Il s'agit de soulager et maintenir en vie le malade, jusqu'à ce que la toxine s'épuise d'elle-même par consommation (au bout de quelques jours ou de plusieurs semaines). Un peu comme Hippocrate, qui surveillait le passage des jours critiques.
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