Nostalgique.
C'est nouveau, ça vient de sortir. Il était une fois, l'histoire d'une Nostalgique.
J’aimerais photographier
Ton parfum.
Je n'ai jamais su me tenir droite sur une chaise.
Tu m'as dit de me reposer cette semaine.
De ne pas bouger et d'attendre sagement que le vent s'apaise.
Mais je n'aime pas quand mon cerveau prend trop de place.
Et ce soir il se prélasse, s'enracine, enfonce ses griffes jusqu'à frôler l'arrière de mes yeux.
Je n'aime pas quand mon cerveau prend trop de place.
Mais ça tu ne le sais pas encore.
Je m'arrête aux fenêtres, constate les murs vides, contemple les vieux souvenirs, les terrasses esseulées. Pense au partout où je pourrais être.
Je descends des marches et suit les itinéraires que mes jambes avaient l'habitude de parcourir. La mémoire des muscles, quelle formidable invention tout de même.
Mes coudes cherchaient rambarde où faire leur pause mensuelle. C'en fut fait sur ce parking d'où l'on voyait mon ancien appartement.
Mais nous le lirons dans le journal demain : toute calme que cette soirée fût, il a fait du vent en ville et les rues étaient drôlement habillées pour un soir de dimanche.
Dans un décor aux allures de Nouvelle Orléans aux pavés d'East End, il traînait ses jambes lourdes, soufflant des chants d'agonisant.
Ses mains étaient noires de suie et ses cheveux figés en une suite informe de mèches ébouriffées.
Malgré sa trentaine, il avait une mâchoire adolescente ronde et des lèvres encore charnues.
Aucune sécheresse, gravier dans sa chaussure ou muret n'aurait entravé son passage.
La porte le freina un instant, dans un silence religieux.
Ses bottes restées sur le palier se raidirent du froid des soirs d'été.
Par le carreau se dessinait le doux tableau de retrouvailles, comme tracé du bout du doigt par un rêve. Et ils étaient là, leurs joues vermeilles pareilles à l'aurore quotidienne.
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