Dr Rodrigue Muamba
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25/04/2026
🚀Réponse du SG du Mouvement Centriste Congolais Dr Rodrigue Muamba aux propos graves du président du parti Alliance du changement. 🚀
Le débat politique en RDC mérite mieux que des copies pales des formules radicales. Remettre en cause un régime est légitime en démocratie, mais appeler implicitement à une transition sans cadre clair, c’est prendre le risque d’ajouter de l’instabilité à une nation déjà fragilisée.
Mais parce qu'un tel appel ne trouve aucun écho au sein du peuple, je préfère interroger la nature même de cette radicalité. Elle semble davantage relever d’une posture que d’une ligne idéologique structurée. L’histoire politique congolaise nous enseigne que la rupture véritable ne se décrète pas dans l’émotion. Étienne Tshisekedi, souvent cité en référence, n’a pas rompu avec le système de Mobutu Sese Seko sur un coup de tête, mais à travers une démarche construite, notamment avec la lettre des 13 parlementaires en 1980, un acte politique argumenté, fondé sur des principes et une vision claire.
En analysant la genèse de l'actuelle radicalité, on tombe sur une histoire rocambolesque d'abus de pouvoir suivie de frustration individuelle ! Rien à voir avec les 13 parlementaires des années 80.
Sur la guerre à l’Est, le problème est encore plus grave. En la réduisant à une instrumentalisation politique, on installe dans l’opinion une idée dangereuse : celle que ce conflit ne serait pas une priorité nationale. Or, comme a insisté au cours du café politique du 27 mars dernier le Président Kambinga Katomba Germain, les faits démontrent le contraire. Depuis des décennies, l’Est de la République démocratique du Congo est le théâtre de conflits impliquant des groupes armés structurés et des ingérences extérieures documentées par plusieurs rapports du Groupe d’experts des Nations Unies (notamment 2022–2023). Relativiser cette guerre, c’est détourner l’attention d’une réalité essentielle : aucune nation ne se développe sans sécuriser son territoire.
Mais notre exaspération a atteint le summum sur la question des universités du Kasaï;
Affirmer, en substance, que les populations du Kasaï n’auraient pas besoin d’universités parce qu’elles ont faim et soif, c’est poser une équation dangereuse d'opposer l’urgence sociale à l’investissement dans le savoir. Or, cette opposition est fausse.
L’histoire économique mondiale est constante : il n’y a pas de développement durable sans capital humain qualifié. L’agriculture moderne, la transformation agro-industrielle, la gestion des ressources, la planification territoriale ... tout cela repose sur des compétences, donc sur l’éducation, donc sur l’université.
Comment penser sérieusement le développement agro-pastoral sans ingénieurs agronomes ?
Comment structurer une économie régionale sans cadres formés ?
Comment planifier un territoire sans expertise locale ?
Dire que l’université n’est pas une priorité, même dans un contexte de pauvreté, c’est en réalité compromettre les solutions durables à cette pauvreté.
Un homme politique qui se veut d’envergure nationale ne peut pas opposer le pain au savoir. Il doit comprendre que le savoir est précisément ce qui permet de produire le pain durablement.
Et cela soulève une question plus large, presque silencieuse mais essentielle : quelle place accorde-t-on réellement à la formation, à la connaissance, à l’expertise dans sa propre vision politique ?
Car en politique, la manière dont on parle de l’éducation révèle toujours la profondeur du projet que l’on porte.
Dr Rodrigue Muamba, SG LE CENTRE.
18/04/2026
🗣️ MA RÉACTION SUR LES POURPARLERS DE MONTREUX ENTRE LE GOUVERNEMENT DE LA RÉPUBLIQUE ET L'AFC/M23
Le communiqué issu des pourparlers entre la République démocratique du Congo et l’AFC/M23 consacre des avancées humanitaires dont nous prenons acte, notamment en matière de protection des civils et d’accès à l’aide.
- Mais soyons clairs : ces mesures ne règlent en rien la nature du problème. Le M23 reste un mouvement armé, dont l’existence même pose une question de souveraineté et de sécurité nationale. Ainsi, nous rejetons toute tentative de banalisation ou de légitimation politique de groupes armés qui défient l’autorité de l’État et contribuent à l’instabilité de notre pays. La paix ne peut pas être construite en mettant sur un même pied la République et ceux qui prennent les armes contre elle.
- Les soutiens extérieurs, directs ou indirects, à ces groupes armés portent une responsabilité majeure dans la prolongation du conflit. On ne peut pas appeler à la paix tout en alimentant la guerre. L’histoire récente nous enseigne que les engagements pris par ces mouvements restent fragiles et souvent non respectés sur le terrain. La vigilance s’impose.
- Enfin, le peuple congolais a droit à une paix réelle, pas à une illusion de paix négociée dans l’ambiguïté.
- Nous soutenons donc toute mesure qui protège les populations, mais nous rappellons avec fermeté :
la paix durable passe par la restauration pleine et entière de l’autorité de l’État sur tout le territoire national.
Dr Rodrigue Muamba, secrétaire général LE Centre
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