Maria Roche Productions
http://mariarocheproductions.fr
Maria Roche Productions est une société de production créée en 2007 par Maria Roche.
13/05/2019
A l’issue des délibérations qui se sont tenues le 7 mai à La Scam, le Jury* a décidé de remettre le Prix 2019 de la meilleure critique documentaire à la classe de Terminale Bac Pro "Commercialisation et Service en Restauration" du Lycée Hôtelier Biarritz Atlantique, pour sa critique du film Derniers jours à Shibati, de Hendrick Dusollier.
*composé d'Annie Couderc, Inspectrice honoraire de l'Éducation nationale,
d’Anne Georget, Réalisatrice et présidente du FIPADOC,
de Rémi Lainé, Réalisateur,
de Marion Czarny, Fipadoc Campus,
d'Eugénie Michel-Valette, Productrice aux Films du Bilboquet,
de François Ekchajzer, Critique à Télérama
et d'Hélène Kuhnmunch, Professeure et formatrice.
Voici le texte qui leur a valu ce Prix :
''Les élèves de terminale bac professionnel commercialisation et service en restauration du lycée hôtelier de Biarritz. Lorsque Hélène, l’organisatrice du projet « Le lycée pro crève l’écran », est venue dans notre classe pour nous présenter les quatre documentaires en compétition, notre coup de cœur a été immédiat pour « Derniers jours à Shibati ». En cours de géographie, on avait déjà abordé le phénomène de la mondialisation sous un angle économique: des chiffres, des flux, des mégapoles. C’est ce que l’on retrouve dans la plupart des reportages à la télé.
Et là, pas du tout, dans son documentaire Hendrick Dussolier met en lumière les oubliés de ce «boom économique» dont la Chine est le bon élève. C’est ce qui nous a plu : remettre l’humain au cœur de ce bouleversement.
C’est dans le quartier traditionnel de Shibati banlieue de Chongching, qu’Hendrick Dussolier a choisi de nous emmener. L’accueil est plutôt méfiant : « Pourquoi il s’intéresse à nous cet étranger? Ce doit être un paumé dans son pays ». Caméra à la main, le réalisateur, qui ne parle pas un mot de chinois, parait amusé. Il reçoit avec le sourire, à la manière d’un Candide les moqueries des habitants et gagne peu à peu leur confiance. Il est l’un des acteurs de ce documentaire et cela nous a séduit. En effet, pas de voix off professorale pour nous expliquer les ravages de cette mondialisation mais le contraste de scènes entre la « ville lumière » bruyante, aux lumières agressives, et la langueur douce de Shibati.
On est happé aussi par ce lien qui se tisse entre le réalisateur et les habitants de ce quartier. Il nous fait partager deux rencontres magnifiques avec un petit garçon insouciant de sept ans et une vieille dame poétique, Madame Xue, c’est le fil conducteur de ce documentaire. L’enfant devient le guide de son royaume et nous le suivons grâce à un long travelling où les voisins discutent dehors, allongés sur des canapés de fortune. Ce qui nous frappe alors, ce n’est ni la crasse ni la misère mais la douceur de vivre et la convivialité qui y règnent. « Dans ce quartier, nous sommes tous amis » résume la vieille dame qui est l’âme de ce lieu rempli d’histoire. Elle collectionne des objets trouvés dans les poubelles qu’elle trie et qu’elle appelle « ses trésors », derniers vestiges d’un passé dont elle s’improvise la dépositaire. Et cette complicité qui s’instaure entre la vieille dame et le réalisateur, transparait à chaque gros plan où il capte affectueusement son beau sourire et son enthousiasme face à la caméra qu’elle prend pour un appareil photo.
Pas de misérabilisme non plus dans le choix de montrer la destruction progressive de Shibati sur trois épisodes espacés de six mois. Cela tient aussi au montage par lequel Dussolier fait coexister la réalité crue et une certaine poésie. La démolition par les bulldozers des habitations du quartier est filmée en plongée et souligne l’ampleur des dégâts. Mais très vite y répond l’image en contre-plongée du petit garçon s’amusant sur un tas de gravats avec son cerf volant.. Gros plan sur cette tâche multicolore qui se détache dans le ciel.
C’est en filmant avec beaucoup d’affection un enfant qui joue insouciant dans la rue, ses parents qui continuent imperturbables à vendre leurs pastèques que le réalisateur suggère ce qui se joue à travers cette mondialisation à marche forcée. La disparition d’un certain art de vivre...
En effet, la destination finale de la plupart des habitants qui seront relogés par le gouvernement est la banlieue lointaine de cette ville tentaculaire. Elle s’étend sur un territoire grand comme l’Autriche ! Nous voila embarqués dans un train car Madame Xue tient à faire découvrir à Hendrick l’endroit où elle sera relogée : chez son fils, dans une cité dortoir. Là encore les images se passent de commentaires. Le paysage qui défile à travers un plan fixe n’est qu’une forêt d’immeubles dont le spectateur saisit à travers sa répétition incessante tous les aléas de sa vie future : individualisme, froideur, isolement. Et notre cœur se serre quand Hendrick Dussolier revient en plan serré sur le visage rieur et imperturbable de la vieille dame.
Merci Hendrick Dussolier de nous avoir laissé une place dans votre documentaire. On a compris par la grâce de vos rencontres et la poésie de vos images que la mondialisation n’est pas seulement un miracle économique...''.
Avec Hendrick Dusollier - Studio Hdk, Cinemas Gncr, GNCR Cinémas de Recherche, Festival du cinéma de Brive, Rencontres internationales du moyen métrage, Cinéma du réel - Festival international du film documentaire, Télérama, Eugénie M-v, Makna Presse, Chloé Makna, LesFilms Dici, Les Films d'Ici 2, Camille Laemlé, Céline Païni, Serge Lalou, Maria Roche Productions, Météore Films.
14/03/2019
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