Robenson TopSecret
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28/12/2024
𝑳𝑬 𝑫𝑬𝑹𝑵𝑰𝑬𝑹 𝑱𝑶𝑼𝑹 𝑫'𝑼𝑵 𝑪𝑶𝑵𝑫𝑨𝑴𝑵E de 𝑽𝑰𝑪𝑻𝑶𝑹 𝑯𝑼𝑮𝑶
_______________RÉSUMÉ _____________
Roman de Victor Hugo publié en 1829, L𝒆 𝒅𝒆𝒓𝒏𝒊𝒆𝒓 𝒋𝒐𝒖𝒓 𝒅'𝒖𝒏 𝒄𝒐𝒏𝒅𝒂𝒎𝒏é relate l'histoire d'un homme anonyme qui a été condamné à mort pour un crime qu'il a commis et qui attend son exécution dans sa cellule de prison. Tout au long du livre, l'homme décrit les pensées et les émotions qu'il ressent à l'approche de sa mort imminente des moments de sa vie. Le récit se déroule en effet dans la prison de Bicêtre, où un condamné à mort attend son exécution imminente. Jour après jour, et à mesure que l’échéance fatale approche, il consigne ses angoisses, ses espoirs délirants, ses pensées ainsi que les événements qui ponctuent la vie carcérale. Le narrateur, dont l’identité reste inconnue car les feuillets de son journal ont été perdus, évoque les circonstances de son procès et de sa condamnation. Il décrit sa cellule, qui ressemble déjà à une tombe, avec des inscriptions griffonnées par les condamnés précédents sur les murs. Il est témoin du ferrage des forçats et de leur départ pour le bagne de Toulon. Il entend la chanson en argot chantée par une jeune fille. Son désir le plus ardent est désormais de s’évader. Finalement, il apprend que son exécution aura lieu le jour même et est transféré à la Conciergerie, où il rencontre un autre condamné à mort. Les angoisses, les hallucinations et les cauchemars le tourmentent de plus en plus, tandis qu’il se demande comment on meurt sous la guillotine. Un prêtre lui rend visite, mais leurs échanges ne lui apportent pas le réconfort espéré, car le prêtre semble détaché et récite des paroles automatiques. La visite de sa fille Marie, âgée de trois ans, au lieu de le réconforter, le plonge dans une solitude profonde, car elle le croit mort selon ce que sa mère lui a dit. Le narrateur relate ensuite le dernier trajet de la Conciergerie à la place de Grève, où se dresse l’échafaud, avec une foule qui se presse, rit et applaudit. Il exprime son désespoir, sa détresse face à la mort, tremble, implore la clémence, refuse de mourir et préfère souffrir ou devenir forçat plutôt que de subir le tranchant de la guillotine. Finalement, il se résigne peu à peu, commence à accepter sa mort, à la confronter, et se questionne sur son destin dans l’au-delà, imaginant différentes possibilités. Il évoque son hypothétique retour à la place de Grève sous forme de spectre, imagine le paradis comme un lieu lumineux et évoque l’enfer. Il envisage que son esprit errera éternellement dans l’un de ces lieux après sa mort. L’horloge indique quatre heures, et il appartient désormais au bourreau d’accomplir son sinistre devoir. Le condamné à mort vit ses derniers instants et cesse d’écrire lorsque l’heure de l’exécution est arrivée.
L𝒆 𝒅𝒆𝒓𝒏𝒊𝒆𝒓 𝒋𝒐𝒖𝒓 𝒅'𝒖𝒏 𝒄𝒐𝒏𝒅𝒂𝒎𝒏é est un roman puissant qui suscite l'empathie et l'indignation chez le lecteur. Il soulève des questions éthiques et morales toujours d'actualité, et met en lumière les effets dévastateurs de la peine de mort sur les êtres humains.
Introduction à la lecture de l'Ethique (6/8)
5 / L'homme comme être de Désir
Que l'anthropologie spinoziste ne soit pas intellectualiste est confirmé par le second volet de cette anthropologie : la doctrine du Désir. Cette doctrine fortement établie au début de la Partie III et constamment présente tout au long des démonstrations concernant soit la vie affective, soit la vie réflexive, consiste dans l'affirmation d'une identité fondamentale : celle de l'essence d'un individu donné, de l'effort en lui pour persévérer dans l'existence, et enfin du Désir qui rend compte de son activité ou de sa passivité. Essentia, Conatus, Cupiditas sont identiques en l'homme. Seul change le point de vue sous lequel on envisage cette essence individuelle pour la désigner et la comprendre : mais l'effort pour être, l'appétit et le désir sont une seule et même réalité. Cette affirmation est une révolution dans l'ordre philosophique.
Si l'on se souvient que la démonstration du caractère fondamental du conatus est appuyée sur la considération même de l'essence d'une réalité singulière (elle pose sa propre affirmation et non sa négation et sa destruction), on comprendra la place et le sens de cette doctrine du Désir : elle est centrale, parce que le Désir lui-même comme conatus et comme essence dynamique est FONDATEUR.
Fondateur de l'être de l'individu (désigné aussi comme sujet), le Désir ne se réfère pas d'abord à la rationalité, il n'est pas constitué d'abord par la raison : la doctrine spinoziste du Désir est anti-intellectualiste. Les deux aspects de l'anthropologie sont donc concrets et non rationalistes : d'abord l'homme est par essence l'idée d'un corps, ensuite, ce lien conscient avec le corps est en lui-même un effort existentiel qui est un Désir.
Fondateur essentiel de l'être individuel dans le déploiement de son activité et de sa passivité, le Désir n'est pas l'un des éléments psychiques qui constituerait parmi d'autres la personnalité individuelle. De même qu'il n'existe pas de faculté de vouloir ou de connaître (si l'on considère le premier aspect de l'essence humaine : l'idée du corps), de même il n'existe pas de faculté de désirer (si l'on considère le second aspect de cette essence : l'effort pour être ou effort existentiel). Le Désir est le tout de la conscience humaine, comme l'idée du corps était le tout de l'homme. L'homme EST Désir de part en part, et non pas un ensemble de facultés : de connaître, de vouloir et de désirer. En définissant l'homme comme Esprit et non comme Âme, Spinoza a rendu possible une description radicalement unitaire de la nature humaine : tous les riches aspects de son activité sont l'expression de sa réalité unifiée. Conscience de soi et de son corps, désir d'être et d'agir, sont une seule et même réalité où l'homme s'engage tout entier.
Cette conception à la fois dynamique, concrète et unitaire de l'individu comme Désir rend compte de la véritable nature de la tâche éthique. Si l'expérience prouve que le Désir en sa spontanéité n'est pas adéquat à son propre mouvement, alors certes s'impose une tâche éthique : mais celle-ci ne saurait plus être définie en termes traditionnels. La conception traditionnelle de la morale souhaite dresser contre le désir (et les passions) les forces de la volonté et de la raison : celles-ci étaient censées trouver l'énergie (par la volonté) et la motivation (par la raison) indispensables à la reconstruction ou à la réorientation de la vie. Tel était le sens des volontarismes et des idéalismes traditionnels, tous finalement intellectualistes.
Bien au contraire, Spinoza affirme, avec la plus grande netteté et la plus grande force, le caractère illusoire de ces entreprises morales (qu'elles soient stoïcienne ou cartésienne). La vérité, pensée par la raison, n'a pas le pouvoir, PAR ELLE-MÊME, de supprimer dans un désir ce qui en lui est passif. La raison, chez Spinoza, n'est pas une puissance énergétique, elle n'est pas première, et toute l'efficacité d'une entreprise éthique de libération provient du Désir lui-même : seul, dit Spinoza, le désir de la joie est plus puissant que tous les autres désirs. Aussi la tâche éthique ne consistera pas en un combat contre les désirs, et cela en raison du fait fondamental : l'essence de l'homme est le Désir, et lutter contre l'affectivité serait vouloir la destruction même de l'essence humaine. Toute l'énergie de tâche éthique sera donc puisée dans ce Désir même qui fonde l'existence humaine.
A l'énergie doit s'ajouter une motivation : elle ne réside pas non plus dans la raison, et l'anti-intellectualisme de Spinoza est d'une cohérence extrêmement rigoureuse ; totalement neuf au XVIIe siècle, il est l'anticipation de la modernité. En effet, la motivation, c'est-à- dire le but même de l'entreprise éthique (la recherche du « bien » et de sa nature), ne saurait être issue que de l'essence humaine elle-même, puisqu'il n'est donné aucune transcendance ontologique ni morale. Or, le seul but assignable à cet essence ne saurait être que sa propre réalisation, c'est-à-dire la mise en œuvre effective du Désir lui-même : il est recherche de la joie parce qu'il est l'effort vers l'accroissement de la puissance d'exister, et que telle est la nature de la joie : conscience et accroissement de cette puissance d'être et d'exister.
Ainsi le Désir est fondateur non seulement parce qu'il constitue l'essence de l'homme en tant qu'il agit et existe, mais aussi parce qu'il est l'origine même de l'entreprise éthique, en même temps que la source de son indispensable énergie. Cette entreprise consiste en effet à réaliser effectivement et réellement le Désir, par la recherche des buts qui, étant véritablement « utiles », seront l'expression même de cela que le Désir désirait, fût-ce au cœur de sa passivité et de son inadéquation primitives.
Bien entendu, une telle recherche éthique suppose la connaissance exacte de ce Désir, c'est-à-dire de cette affectivité qui est l'énergie et la motivation de l'entreprise éthique. Puisqu'il y a lieu d'instaurer un nouveau Désir, il y a lieu auparavant de connaître en profondeur ce qu'est la vie du Désir, c'est-à-dire les formes, les contenus, et les significations de cette affectivité qui est l'essence de l'homme et non son fardeau ou sa déchéance. Ainsi s'éclaire la signification de ce que l'on a appelé « psychologie » spinoziste. Elle n'est pas le recensement amer et puritain des forces déterministes et passionnelles qui s'opposent à la liberté de l'âme, mais l'analyse rationnelle des attitudes à la fois non rationnelles en elles-mêmes et intelligibles pour l'observateur, attitudes par lesquelles le Désir s'inscrit lui-même dans une dialectique imaginaire, source de Tristesse, de servitude et de passivité. La Partie III de l'Éthique étudie simultanément l'essence positive et fondatrice de l'homme (le Désir, affirmation et déploiement d'existence) et les mécanismes imaginaires, intellectuellement confus et obscurs, par lesquels ce Désir ne se réalise pas réellement et provoque plutôt le contraire de cela qu'en vérité il désire. Ambivalence, ignorance, contradiction, passivité sont les sources de la servitude, c'est-à- dire de la Tristesse ; mais il importe de saisir le sens de cette prise de conscience. Ce sont précisément l'ambivalence, l'ignorance, la contradiction et l'aliénation du Désir qui sont les seules sources de servitude et de malheur, et non pas le Désir en tant que tel.
Le Désir, quant à lui, est présent et affirmé dans sa positivité tout au long de l'Éthique : c'est l'imagination désirante et non pas le Désir comme tel qui est source de superstition (Partie I) ; c'est le Désir d'être qui fonde et définit l'existence humaine (Partie III) ; pour agir selon le bien véritable il faut d'abord être, c'est-à-dire désirer (Partie IV) ; et le conatus, c'est-à-dire en fait le Désir, est le fondement de la vertu (Partie IV) ; enfin c'est en accédant à la béatitude qu'on réalise effectivement le désir et l'être (Partie V).
Cette omniprésence du Désir comme source d'être et de joie n'empêche pas mais suppose au contraire une description extrêmement rigoureuse de ce même Désir lorsqu'il vit selon sa spontanéité première et encore maladroite. Pour le mieux réaliser il faut en connaître toutes les IMPLICATIONS.
Ce que Spinoza étudie si minutieusement, ce sont en effet les IMPLICATIONS logiques entre le Désir et ses objets, lorsque ceux-ci sont posés inadéquatement par une connaissance partielle et par une imagination délirante. Le déterminisme spinoziste n'est pas simplement, comme on le croit trop souvent, un mécanisme cartésien, c'est en outre la mise en place d'un système d'implications logico-affectives entre un désir et une attitude, entre un désir et une image, entre un désir et une action, entre un désir et un autre désir. Et c'est parce qu'il s'agit bien plus d'implications déterminantes que de déterminismes réellement aveugles, qu'une entreprise de libération est concevable et possible. Le passage de l'activité aliénée (dépendante du monde et non de soi seul) à l'activité vraiment active (autonome) n'est possible que parce qu'une transformation de la vie du Désir est possible. Et cette possibilité se fonde précisément sur la structure des enchaînements : ce sont des implications et non de véritables mécanismes ; et ces implications REPOSENT SUR DES ACTES DE CONSCIENCE ET DE CONNAISSANCE ; c'est à ce titre qu'elles sont susceptibles d'être transmutées.
Cette anthropologie du Désir est en effet fort originale : non intellectualiste, elle affirme pourtant la nature toujours consciente du Désir. C'est pourquoi l'entreprise éthique (c'est-à- dire la philosophie spinoziste elle-même et la philosophie comme telle) est tout entière fondée sur le Désir : il n'est pas un vice en l'homme mais l'homme même ; le Désir seul fournit à l'action (passive ou active) ses fins et ses valeurs ; seul le Désir enfin peut conférer à la vie et donc à l'entreprise éthique (qui vise une vie vraiment réelle) non seulement son énergie mais sa condition de possibilité : vie passive, vie active, vie éthique ne sont possibles que parce que le Désir est la poursuite consciente de la joie.
La conscience n'est pas ici une propriété qui s'ajouterait au Désir par un effort particulier : elle est le Désir même. Car celui-ci est par définition et par nature, c'est-à-dire par son essence même : et la conscience de l'effort pour persévérer dans l'être, et la conscience des modifications du corps et du monde. Le Désir est l'idée du corps et de ses modifications en tant qu'elle est un dynamisme, et l'idée du corps et de ses modifications est le Désir même en tant qu'il est forcément conscient de lui-même.
L'éthique, on l'a vu, ne consiste pas à combattre le Désir : mais elle ne peut consister à construire un Désir neuf que si une conscience existe de ce qui est désiré dans le Désir, conscience qui est elle-même la condition de la comparaison philosophique entre Désir serf et Désir libre. En outre, si le Désir libre ne peut s'instaurer que par la connaissance adéquate du Désir en toutes ses implications, ses sources, ses visées et ses forces, encore faut-il que cette connaissance soit possible : elle l'est effectivement parce que le Désir est en son essence une conscience. On ne peut pas passer de l'inconscient à la connaissance, mais l'on peut passer de la conscience encore fragmentaire à la connaissance réflexive et totalisatrice.
Ainsi la doctrine du Désir a, dans l'Éthique, une signification et une situation centrales : en amont, elle résulte de l'ontologie immanentiste non religieuse ; en aval, elle permet l'humanisme radical d'une morale de la joie.
Et c'est parce qu'elle résulte d'une critique des attitudes religieuses à l'égard de l'homme, de son esprit et de ses passions, que cette doctrine du Désir est en mesure d'instaurer une autre doctrine de l'homme, de ses passions et de ses buts véritables. Le spinozisme est l'anticipation des doctrines modernes de l'homme comme Désir, mais il n'a pu opérer cette anticipation qu'en s'appuyant d'abord sur une critique radicale des dualismes et des religions. Mais l'origine et le but, le commencement et la fin de l'ensemble de la doctrine spinoziste est bien la théorie de l'homme comme Désir et la conception de l'éthique comme réflexion sur ce Désir. Spinoza n'est pas seulement le premier et le plus grand (certes occulté) des représentants de l' « humanisme athée » (son athéisme étant d'ailleurs le seul qui soit non pas tragique mais au contraire eudémoniste et sotériologique), il est en outre l'authentique fondateur de la réflexion éthique et anthropologique sur l'homme-Désir ; le spinozisme est la source et l'origine véritable de la nouvelle prise de conscience de la centralité du Désir.
Mais tout n'est pas encore dit par là.
introduction à la lecture de l’éthique de Robert Misrahi)
[Illustration: Mary Stevenson Cassatt]
L'IDÉALISME TRANSCENDANTALE DE KANT
CRITIQUE DE LA RAISON PURE
L’idéalisme transcendantale d’Emmanuel Kant, tel qu’exposé dans la Critique de la raison pure (1781, 1787), constitue une des grandes révolutions philosophiques. Kant y établit une position originale qui dépasse à la fois l’empirisme (qui réduit la connaissance à l'expérience sensible) et le rationalisme (qui valorise la raison comme source absolue de vérité). Les lignes qui suivent, nous permettront de comprendre ce concept aussi complexe👇👇👇.
🧠📝📖📚L'idéalisme transcendantal : une nouvelle conception de la réalité
Définition :
Pour Kant, l’idéalisme transcendantal affirme que notre connaissance du monde repose sur la manière dont l’esprit humain organise les données sensibles, et non sur une appréhension directe de la réalité telle qu’elle est en soi (noumène). Cela signifie que nous ne connaissons jamais les choses telles qu’elles existent indépendamment de nous, mais seulement telles qu’elles apparaissent dans l’espace et le temps.
Phénomènes et noumènes :
Phénomènes : Ce sont les choses telles qu'elles nous apparaissent à travers nos sens et notre esprit, grâce aux formes a priori (espace et temps) et aux catégories de l'entendement (comme la causalité, la substance, etc.).
Noumènes : Ce sont les choses en soi, c’est-à-dire les réalités indépendantes de notre perception. Elles sont inconnaissables car elles échappent aux cadres de notre esprit.
🧠📝📖📚La révolution copernicienne en philosophie
Kant renverse la perspective traditionnelle en affirmant que ce n’est pas l'esprit humain qui se conforme au monde extérieur (comme le pensaient les empiristes et les rationalistes), mais que c’est le monde, tel que nous le percevons, qui est structuré par notre esprit.
L’esprit humain comme condition de la connaissance :
Kant postule que les structures fondamentales de la connaissance (l’espace, le temps, les catégories de l'entendement) sont inscrites dans notre esprit. Ces structures ne sont pas issues de l’expérience, mais elles conditionnent toute expérience possible. Par exemple :
L’espace et le temps sont les formes a priori de la sensibilité, permettant d’organiser nos perceptions.
Les catégories comme la causalité ou la relation de substance sont les cadres intellectuels par lesquels nous donnons sens aux phénomènes.
🧠📝📖📚La distinction entre connaissance et métaphysique
Kant pose une limite claire à ce que l'esprit humain peut connaître :
La connaissance scientifique :
Elle est limitée aux phénomènes, c’est-à-dire aux objets accessibles à l’expérience et soumis aux cadres transcendantaux de notre esprit. Les sciences (comme la physique de Newton à l’époque de Kant) étudient donc le monde tel qu’il nous apparaît.
La métaphysique classique remise en question :
La métaphysique traditionnelle (qui prétendait connaître les choses en soi, comme Dieu, l’âme ou la liberté) est illégitime en tant que science. Ces objets relèvent des noumènes et ne peuvent pas être connus par l’entendement humain. Cependant, Kant ne nie pas leur existence, il affirme simplement qu’ils ne peuvent être que pensés, mais non prouvés empiriquement.
🧠📝📖📚Synthèse a priori : la clé de la connaissance
Une des grandes innovations de Kant est son concept de synthèse a priori. Il montre que la connaissance repose sur une combinaison de deux éléments :
Les intuitions sensibles (a posteriori) : Les données brutes que nous recevons par nos sens.
Les concepts de l’entendement (a priori) : Les cadres intellectuels préexistants qui organisent ces données (ex. : la causalité).
L’expérience humaine est donc toujours une synthèse de ces deux éléments : les intuitions sensibles sont organisées par des concepts intellectuels, rendant possible une connaissance objective.
🧠📝📖📚Les implications pour la liberté, Dieu et l'éthique
Bien que Kant limite notre connaissance aux phénomènes, il laisse un espace pour la liberté, la morale et la foi dans son système :
Liberté : Elle appartient au domaine des noumènes. Bien que nous ne puissions pas prouver son existence de manière empirique, elle est une condition nécessaire pour que la morale ait un sens (comme il le développera dans Critique de la raison pratique).
Dieu : Kant rejette les preuves traditionnelles de l'existence de Dieu (par exemple, la preuve ontologique de Descartes), mais il considère l'idée de Dieu comme une postulation de la raison pratique, nécessaire pour donner un fondement à la morale.
Morale : Kant montrera que la loi morale s’inscrit dans l’autonomie de la raison, laquelle suppose que l’homme est libre dans sa sphère pratique.
🧠📝📖📚L’idéalisme transcendantal : critique et postérité
Critiques contemporaines : Certains, comme Hegel, critiquent Kant pour avoir maintenu une séparation trop stricte entre phénomènes et noumènes, créant ainsi une dualité problématique. D'autres, comme Schopenhauer, insistent sur la nécessité d'explorer davantage les implications des noumènes.
Postérité : L’idéalisme transcendantal de Kant a influencé de nombreux courants philosophiques, notamment l’idéalisme allemand (Fichte, Schelling, Hegel), mais aussi des penseurs modernes qui explorent la relation entre la structure de l'esprit et la réalité.
L’idéalisme transcendantal de Kant est une tentative ambitieuse de répondre à la question fondamentale : Comment la connaissance est-elle possible ? En affirmant que nous connaissons uniquement les phénomènes, et non les choses en soi, Kant inaugure une philosophie critique qui fixe les limites de la raison humaine tout en explorant ses capacités. Cette pensée reste essentielle pour comprendre les débats modernes en épistémologie, en métaphysique et en philosophie morale.
Cf: Critique de la Raison Pure.
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