Baroudeuse d'Orient
Je suis à Jérusalem pour 1 mois. J'irais à Istanbul pour 6 mois. Un petit condensé de cultures locales sur cette page ! Marie-Armelle C.
// Istanbul // How to say goobye...
Aurevoir Istanbul.
Après cinq mois de vadrouille, me voilà de retour à Paris. Fini les turqueries, fini l'orientalisme... pour l'instant !
Le syndrôme dépressif de l'étudiant type en retour d'Erasmus n'a pas fait surface. Et je doute qu'il arrive à se faufiler entre ma joie du retour et mes sourires emplis de souvenirs.
J'ai l'impression de retourner dans la vraie vie après un rêve éveillé long de cinq mois (et six, en comptant mon mois à Jérusalem). J'ai vécu des expériences que je serais incapable de vous raconter. Des moments que je n'arriverais pas à vous transmettre, car certaines émotions manquent de mots, et certains paysages résistent à l'épreuve de la pensée. Des découvertes qui ne se racontent pas car elles se vivent. Et quelle vie ! Une vie ou l'amitié est le souffle, et l'émerveillement la colonne. Je reviens, non pas triste d'avoir quitté l'Orient mais heureuse d'y avoir vécu.
Il faut si peu pour tomber sous son charme. Si peu pour être fasciné. Que je l'aime, l'Orient ! Et pourtant, qu'en ai-je vu? Jérusalem, Istanbul, Beyrouth, c'est peu devant l'immensité de ces contrées. Devant vous, je feindrais (et avec talent), de les avoir compris et de pouvoir vous les expliquer. Et pourtant, il est si long à se laisser apprivoiser, l'Orient, si long à se laisser comprendre. De lui j'ai compris seulement quelque fragments, quelques essences, quelques orientations. Je cerne la tranquilité et la lourdeur de la vie ensoleillée sous ses arbres fruités. Je perçois l'hospitalité chaleureuse des ses peuples, si offerts, si frères. Je discerne la puissance de la foi, n'importe laquelle, dans ces pays ou croire en Dieu n'est ni signe d'ignorance, ni signe de faiblesse. Oui, croire, là-bas, c'est la vraie force de l'homme. C'est le coeur de la vie, qu'elle soit personnelle, sociétale et politique. A tel point que les peuples s'érigent en combattants et mènent des batailles qui sont toujours de près ou de loin, liées à Dieu. Je saisis la puissance des identités orientales. J'aime la fierté turque devant son passé impérial. J'aime le désespoir combattant du palestinien au keffieh. J'aime le sourire du libanais qui évoque sa mer et ses montagnes.
J'aime l'Orient et j'aurais du mal à m'en défaire. Quelle est douce cette culture du "welcome" et du "you're my friend". Moins fan du "No english" trop souvent entendu en Turquie "so turcophone". "No english" auquel je répondais avec non moins d'adresse "Türkçe Yok", ce qui veut dit, en gros : "Y'a pas de turc (dans mon cerveau linguistique). Les regards outrés sur mes cheveux non-voilés ne me manqueront pas certes. Mais beaucoup d'autres me manqueront. Les moments que l'on voudrait éternels mais que le temps finit par rattraper avec sa mesure inexorable. Mes soirées parisiennes n'auront jamais le doux équilibre du soir stambouliote entre ses effluves de Narguilé et la chaleur du Çay. Les paysages dessinés à coup de dômes me manqueront. La vivacité des rues de cet infatigable Istanbul... Et lorsqu'on me demande ce que je retiens de mon Erasmus, et bien ce n'est pas l'Orient que je retiens. L'Orient s'échappe bien trop. Mais c'est l'amitié que l'Orient m'a fait vivre, avec la même rugosité que le soleil au Levant, et la même profondeur que les regards clairs de ses habitants.
Lamartine disait "Si je n'avais qu'un regard à poser sur le monde, ce serait sur Istanbul". Et il a du mérite. Si je n'avais qu'un regard à poser sur le monde, je finirais par louper ma chance et ne plus pouvoir rien regarder à force d'hésitation devant trop de beauté... Mon cœur ne peux choisir entre les montagnes libanaises, les déserts palestiniens et le Bosphore d'Istanbul. Il prend tout, sans frein, sans limite, sans raison.
C'est l'occasion pour moi de vous dire "Aurevoir". A très vite pour les amis que je vais retrouver. Peut-être à très vite aussi pour ceux que je ne connais pas, inchallah.
Je compte bien retourner en Orient mais avec de nouveaux projets et rien en route pour le moment. Rassurez-vous, je saurais épancher votre soif de beauté orientale durant les prochains mois : j'ai quelque mille photographies collectées à publier...
A très vite,
Marie-Armelle, une Baroudeuse d'Orient
13/01/2018
Basilique Sainte-Sophie
1500 ans. --> Back to the origins of christianism
Basilique construite par l'empereur Justinien au VIè s, en 5 ans... ! Talentueux le gars. "Je t'ai vaincu Salomon" qu'il a dit après l'avoir construite. Parce qu'en bâtissant Sainte Sophie, il faisait encore mieux que le temple de Jérusalem. Du talent je vous dis.
Et puis après, il y a les muslims qui sont arrivés et là c'est devenu un peu moins chrétien et un peu plus musulman.
Mais comme c'est une République, la Turquie (ah si, je vous promets, bande d'ignares), et que Atatürk (le fondateur) il était un peu laïc sur les bords, il a dit " maintenant on arrête les conneries et ça devient un musée".
Mais Il y a des musulmans conservateurs qui aimeraient bien que Sainte-Sophie redevienne une mosquée; c'est un des sujets de cristallisation des tensions entre conservateurs et laïcards. Ils font des manifs de temps en temps, si si. C'est un peu comme si je vous disais : Le Panthéon a Paris, il y a quelques cathos tradis qui caillaissent des CRS pour que ça retourne au statut d'Eglise. Petite larmiche parce que ça ne risque pas d'arriver. 😪 (Alors toute ma vie j'ai cru que c'était un émoji qui pleurait mais il parait que c'est quelqu'un qui se mouche. Alors voilà, je me mouche)
Sainte-Sophie c'est plus probable que le Panthéon (que ça redevienne mosquée, pas église).. le président actuel est un peu plus islamique que laïcard, et un peu plus empereur ottoman de coeur que républicain turc. Inchallah comme on dit ... !
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