Paul Sader Blog

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My sense of humor may hurt your feelings đŸ€·đŸœâ€â™‚ïž

14/05/2026

ŰšŰŽŰ±ÙÙŠ Ű­ŰȘŰ±Ù†Ű§! đŸ€·â€â™‚ïž

13/05/2026

Ils ont repeint le passage piéton à Achrafieh.

Oui! Ils l’ont repeint comme on repeint un dĂ©cor de film, un dĂ©cor qui essaie de convaincre le spectateur que tout va bien alors que la camĂ©ra tremble.

Ils l’ont repeint comme on repeint un mensonge, avec une couche de blanc cassĂ© pour masquer les fissures du scĂ©nario.
Et pourtant, il reste aussi inutile que les feux de signalisation qui brillent pour personne, dans un pays oĂč mĂȘme la lumiĂšre hĂ©site Ă  donner la prioritĂ©.

Je le regarde, partagé entre scepticisme et incrédulité.
Entre c’est mignon et c’est pathĂ©tique.
Entre l’envie d’applaudir l’effort et l’envie de rire du rĂ©sultat.

Ou alors peut‑ĂȘtre que ce passage piĂ©ton flambant neuf est un autre symptĂŽme de notre dychotomie nationale.
Des rĂ©gions qui se dĂ©construisent pendant que d’autres se construisent.
Des trottoirs qui s’effondrent pendant que d’autres se maquillent.

Des illusions neuves sur un sol qui n’a plus la force d’y croire.

Ou alors serait‑ce l’avant‑signe d’une dĂ©centralisation Ă©largie.
Une dĂ©centralisation qui commence par trois bandes blanches, posĂ©es comme un teaser d’un film qui ne sortira jamais.
Une promesse timide, presque gĂȘnĂ©e, qui dit regarde, on fait quelque chose.

Et moi, je traverse. Je traverse comme on traverse une scÚne écrite à la hùte.
Je traverse comme on traverse un pays qui oscille entre effondrement et renaissance.

Je traverse, parce qu’au fond, c’est tout ce qu’on peut faire.

13/05/2026

L’atelier de Renata

12/05/2026

On l’attendait avec une certaine mĂ©fiance, ce biopic.

Il faut dire que s’attaquer Ă  la figure de Michael Jackson, c’est s'aventurer sur un terrain minĂ© oĂč l’hagiographie familiale menace Ă  chaque plan de masquer la vĂ©ritĂ© de l’homme.

Pour porter ce projet titanesque, Antoine Fuqua a fait un pari fou : celui du sang.
En confiant le rÎle à Jaafar Jackson, le propre neveu de la star, il ne cherchait pas une simple ressemblance physique, mais une vérité organique.
On raconte d'ailleurs que sur le plateau, le mimĂ©tisme Ă©tait tel qu’une atmosphĂšre presque mystique s'emparait de l’équipe dĂšs que Jaafar entrait dans la lumiĂšre des projecteurs.

Sur le fond, le film évite l'écueil du catalogue de tubes pour se concentrer sur la genÚse d'un traumatisme.
On y dĂ©couvre une trajectoire de tragĂ©die classique oĂč l’enfance n’est qu’un champ de bataille.
La caméra de Fuqua ne nous épargne rien de la tyrannie de Joe Jackson, ce pÚre bùtisseur et destructeur dont la discipline de fer a sculpté le génie au prix de l'innocence.

Le film dépeint avec une pudeur surprenante ce Michael introverti, cet homme-enfant qui, faute de pouvoir communiquer avec ses semblables, se réfugie dans un bestiaire fantastique.

Neverland n’est plus ici une excentricitĂ© de milliardaire, mais un sanctuaire vital, un monde virtuel indispensable pour celui qui n'a jamais appris Ă  vivre dans le rĂ©el.

Techniquement, c’est une leçon de cinĂ©ma.
L'esthĂ©tique du film voyage Ă  travers les Ă©poques avec une fluiditĂ© dĂ©concertante, jouant sur des textures d'image qui Ă©voluent en mĂȘme temps que la psychĂ© de l'artiste.

Fuqua utilise des plans serrés, presque étouffants, sur le visage du patriarche pour installer une tension permanente, avant de libérer l'espace lors de séquences de danse absolument vertigineuses.

Le montage nous projette au cƓur du mouvement, capturant l'Ă©nergie brute sans jamais la trahir par un dĂ©coupage trop nerveux.
Quant au son, le choix est magistral : plutĂŽt que de tomber dans la performance vocale pure façon Chalamet en Dylan, le film orchestre un mĂ©lange savant entre la voix originelle du King of Pop pour les moments iconiques et l’interprĂ©tation de Jaafar pour les passages intimes.

Le rĂ©sultat est une immersion totale, un voyage sensoriel qui nous fait redĂ©couvrir des morceaux que l'on croyait connaĂźtre par cƓur.

Au final, on sort de la salle avec le sentiment rare d'avoir approché le mystÚre. "Michael" n'est pas seulement un film sur une star, c'est un portrait déchirant sur la solitude absolue du génie.
Une Ɠuvre puissante qui risque de laisser des traces durables et de relancer, de plus belle, le dĂ©bat sur l'hĂ©ritage d'un artiste qui n'aura finalement trouvĂ© la paix que dans la lumiĂšre des projecteurs. Une suite semble dĂ©jĂ  s'Ă©crire dans les esprits, tant le film ouvre de portes sur la complexitĂ© de cette icĂŽne planĂ©taire.

Paul Sader

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