Charilogone Media Rwanda
Multimedia Promoting Entrepreneurship and Democracy in Africa
24/03/2026
ALERTE! - LA CEMAC SANS BOUSSOLE FACE AUX EFFETS ECONOMIQUES DE LA GUERRE AU MOYEN-ORIENT - Mar 21, 2026
Par: Djimadoum Mandekor, expert en économie et ancien Directeur Central de la BEAC - La Rédaction - Email 📧: [email protected]
La prolongation de la grave crise déclenchée depuis le 28 février 2026 autour de l’Iran soulève une vague d’inquiétude dans le monde. L’envol du prix du pétrole brut de 72,5 $ à 112,5 $ le 20 mars 2026, après 115 $ le 9 mars 2026, laisse craindre des répercussions fortes sur l’inflation et la croissance économique. D’ores et déjà, dans les pays où la fixation des prix des produits raffinés est libre, ces prix flambent. Ainsi, au Nigéria, ils ont augmenté de 20 % en une semaine, au 10 mars 2026.
L’étonnant mutisme de la CEMAC
Dans la CEMAC où les importations de carburant dépassent annuellement 2 000 milliards de F CFA, environ 16 % de la valeur des achats à l’extérieur de la zone en 2024, cette évolution des cours des produits pétroliers affecterait gravement la cherté de la vie, à travers notamment le cout des transports internes et leurs répercussions sur les autres produits et services. Dans le même temps, les autres importations se renchériraient avec la progression du coût des frais de transport maritime. L’atténuation totale ou partielle de l’augmentation des prix des carburants, à travers une subvention par les Etats, détériorerait des finances publiques déjà fragiles.
Alors que les responsables de l’UEMOA et de la BCEAO réagissaient moins d’une semaine après le déclenchement de la guerre en cours au Moyen orient, le manque de proactivité des dirigeants nationaux concernés par ces évolutions, ainsi que de ceux de la Commission de la CEMAC et de la BEAC provient sans doute de leur optimisme quant aux effets favorables dominants de la forte appréciation des cours du pétrole brut exporté par cinq des six pays membres, sauf la RCA. Or, avec une production pétrolière globale orientée à la baisse, le surplus dégagé par les exportations de pétrole brut et de gaz, comparativement à la valeur totale des importations, pourrait être faible. L’inflation de son côté, si elle s’avère forte, peut susciter des tensions sociales.
Au moment où les pays de la CEMAC, suite au sommet extraordinaire de leur Chef d’Etat à Brazzaville, le 22 janvier 2026, devraient être en train d’ajuster leur politique économique pour éviter un dérapage des indicateurs macroéconomiques, les perspectives examinées ci-dessus risquent de peser sur les réserves en devises. En effet, ces réserves sont considérées comme faibles, à 4,2 mois d’importations à fin décembre 2025, eu égard à leur dépendance aux recettes fluctuantes d’exportation pétrolière. Ceci devrait être pris en compte dans leurs discussions en cours avec le FMI.
Le rappel à l’ordre de l’urgence d’une transformation effective de la sous-région
La conjoncture actuelle vient rappeler l’urgence de mesures de politiques économiques et monétaires ainsi que d’une intégration régionale plus déterminées, afin de stimuler une diversification effective et plus rapide, notamment dans la valorisation des matières premières extraites de la sous-région. A titre d’exemple, dans le domaine énergétique, la conception d’un plan ambitieux et réaliste d’autonomie régionale devrait sans t**der être lancée.
L’absence de visibilité sur la conduite de l’intégration régionale, mise en évidence par le gel, annoncé le 5 février 2026, d’une partie des activités des institutions communautaires et les tergiversations sur une structure mineure chargée du suivi du programme de réforme économique et financier de la CEMAC, en l’occurrence le Secrétariat technique du PREF-CEMAC, démontre l’insuffisant engagement des pays membres en faveur du redressement et de la transformation dynamique de la sous-région.
Les recommandations adoptées à Paris le 17 mars 2026, dans une rencontre CEMAC-France que ses initiateurs ne veulent pas présenter comme une survivance de la zone Franc-CFA, désormais sans la participation de l’UEMOA, analogues aux résolutions prises au récent sommet de Brazzaville, ne risquent pas vraiment de briser cette inertie dommageable aux populations de la CEMAC. Sans naïve espérance, le sursaut est toujours attendu !
Click here to claim your Sponsored Listing.
Category
Telephone
Address
Remera