ACT Afrique Group
Référence n°1 en Afrique, ACT vise à soutenir le développement du continent en offrant une haut Ibrahima Cheikh DIONG.
28/04/2026
À New York, deux scènes pour le financement de l'Afrique de l'Ouest et centrale
Semaine du 20 au 26 avril 2026 | ACT Afrique
La semaine s'est largement jouée à New York. Le mardi 21 avril 2026, la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) tenait au Nasdaq son BRVM Investment Days, sur le thème « Connecting Global Capital with West Africa's Markets ». Au même moment, Alioune Diouf, directeur de la Dette publique du Sénégal, confirmait à Reuters l'alignement des chiffres de la dette sénégalaise avec ceux du FMI. Deux scènes, une même question.
1) L'offensive de la BRVM
Plus de 120 investisseurs internationaux ont été reçus par le directeur général Edoh Kossi Amenounve. Capitalisation : 15 519 milliards de FCFA (≈ 27,8 milliards de dollars) ; BRVM Composite en hausse de près de 99 % sur cinq ans (Sikafinance, 22 avril 2026). Le 8 avril, la BIDC adoptait à Accra son plan stratégique GRO 2026-2030 (Agence Ecofin). Le message : la région manque moins de capitaux que de projets bancables.
2) Sénégal : la frontière de la confiance
Avec un encours de 119 % du PIB et 6 075 milliards de FCFA à mobiliser en 2026, Dakar joue gros. Le FMI laisse la décision de restructurer à la souveraineté sénégalaise ; Ousmane Sonko l'écarte. Le coût réputationnel compte désormais autant que le taux.
3) CEMAC : sous tension
Le 2 avril, la BEAC a maintenu son TIAO à 4,75 % et table sur une croissance ramenée à 2,9 % en 2026. Les États programment 1 670 à 1 800 milliards de FCFA d'émissions au seul T2, +67 à +80 % vs T1 (Investir au Cameroun). Gabon, Congo et Cameroun concentrent 79,4 % de l'encours régional.
4) Une question ouverte
Pendant que l'Ouest courtise les capitaux mondiaux, le Centre se replie sur un marché régional étroit. Et le cacao ivoirien, ramené à 1 200 FCFA/kg, rappelle que la transformation productive reste l'angle mort. Refinancera-t-on encore les déséquilibres d'hier ?
09/04/2026
L'actu éco de la semaine en Afrique subsaharienne — et elle est révélatrice.
Cette semaine, deux banques centrales africaines ont pris des décisions opposées :
- La (Afrique de l'Ouest) maintient sa politique accommodante — taux directeur à 3,00 % depuis mi-mars, pour soutenir la croissance.
- La BEAC (Afrique centrale) choisit le statu quo — taux à 4,75 %, même si la croissance de la zone CEMAC est attendue en recul à 2,9 % en 2026.
175 points de base d'écart entre les deux zones. Ce n'est pas anodin pour les entreprises qui cherchent à emprunter.
Pendant ce temps :
1) Le Togo lève 33 milliards FCFA sur les marchés régionaux — signe que les États s'appuient de plus en plus sur le financement local.
2) La recule légèrement le 7 avril (-0,27 %), mais les volumes de transactions explosent ×4. Les investisseurs sont là, mais prudents face aux tensions mondiales.
3) Le Nigeria valide un budget colossal de ₦68 300 milliards, dont près de la moitié pour l'investissement : fibre optique (projet BRIDGE, 800 M USD), rail urbain, routes stratégiques.
Une question pour vous : pensez-vous que les différences de politique monétaire entre UEMOA et CEMAC freinent l'intégration économique africaine ?
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31/03/2026
Afriquе сеntralе еt dе l'Ouest : unе sеmainе révélatricе dеs ambitiоns régiоnales
Il est rare qu'une seulе sеmainе mettе en évidencе dе manière aussi nеttе les tensiоns présentеs en Afrique subsahariеnne francоphоnе. La périоde du 23 au 29 mars 2026, marquéе par des jubilés institutiоnnels, dеs négоciatiоns cоmmerciаles tenduеs et dеs appels à la mоbilisatiоn des marсhés financiers, оffrе unе pеrspеctive frappаntе sur les dynamiques écоnоmiques еt pоlitiques qui animent le соntinent.
1) CEDEAO@50 : un rêve inaсhеvé à évaluеr
Lе 28 mars, Yamоussоukrо а été le théâtre d'unе célébrаtiоn mаrquant le cinquantenaire dе la Ecowas - Cedeao. La misе en scène était impressiоnnаnte. Cependant, au-delà dеs discоurs оffiсiels, le bilan restе nuancé. En сinq déсenniеs, la CEDEAO a réussi à établir unе véritablе structure institutiоnnellе — соmprеnant une Cоmmissiоn, un Parlement, une Cоur de justiсe, ainsi qu'un prоtоcоlе sur la démоcrаtiе — tоut en jеtаnt lеs basеs d'une intégrаtiоn régiоnаlе dоnt сеrtains prоgrès sоnt indéniablеs : lа librе circulatiоn dеs pеrsоnnеs, l'instauratiоn d'un tarif eхtériеur соmmun еt le début de l'intercоnneхiоn des résеauх d'électricité. Le cоrridоr Abidjan-Lagоs, prоjеt majeur pоur la prоchаinе décеnnie, symbоlisе cette ambitiоn.
2) Yaoundé, la CM14 et le paradoxe numérique
À quelques milliers de kilomètres de , vivait une autre séquence historique. La 14e Conférence ministérielle de l' World Trade Organization - WTO / OMC s'est tenue dans la capitale camerounaise du 26 au 29 mars, rassemblant plus de 2 000 responsables du commerce international et 80 ministres. Un symbole fort pour l'Afrique centrale, qui accueille pour la première fois un événement de cette envergure.
Les attentes étaient élevées, notamment sur deux dossiers. D'abord, la réforme institutionnelle de l'OMC, dont le mécanisme de règlement des différends est en crise depuis des années. Ensuite, et c'est là que l'Afrique avait beaucoup à gagner, la question du commerce électronique.
Le résultat est décevant. La conférence s'est achevée sans accord sur l'e-commerce. Pourtant, les travaux ont mis en lumière une réalité que les décideurs africains ne peuvent plus ignorer : le numérique est désormais incontournable pour intégrer les PME des pays en développement dans les chaînes de valeur mondiales. Les discussions ont montré comment le commerce électronique peut élargir l'accès aux marchés pour les producteurs ruraux et les petites entreprises agroalimentaires — une réalité particulièrement pertinente en Afrique centrale, où l'économie informelle domine encore.
L'absence d'accord ne doit pas masquer l'essentiel : pour les pays de la , la CM14 de Yaoundé a eu le mérite de placer le commerce digital à l'agenda politique national. La Directrice générale de l'OMC a appelé à poursuivre les négociations à Genève sur la base des projets élaborés à Yaoundé. La b***e est désormais dans le camp des États africains pour peser sur ces discussions.
3) Les marchés financiers régionaux cherchent leur second souffle
Pendant que diplomates et ministres débattaient de l'avenir du commerce mondial, la annonçait, le 17 mars, une initiative moins médiatisée mais potentiellement structurante pour la zone : un appel à manifestation d'intérêt pour sélectionner quatre entreprises dont elle financera les frais d'introduction en bourse à la . Près de 143 millions de FCFA sont mobilisés à cet effet, avec l'appui de la Banque Africaine de Développement.
Le message est clair : la Bourse des Valeurs Mobilières de l'Afrique Centrale peine à attirer des émetteurs. La faible profondeur du marché reste un obstacle structurel au financement de long terme des économies de la sous-région. Cette initiative incitative est une réponse pragmatique, mais elle soulève une question de fond : peut-on développer durablement un marché financier régional sans résoudre préalablement les déficits de gouvernance d'entreprise, de transparence comptable et de culture financière qui freinent les introductions en bourse ?
La microfinance, elle, continue son chemin sans attendre. Au Togo, le secteur a atteint 352 milliards de FCFA de crédits distribués en 2025, consolidant la position du pays comme l'un des modèles africains d'inclusion financière. Un contraste saisissant avec la fragilité des marchés de capitaux régionaux, qui rappelle que l'accès au financement ne peut se construire sur une seule voie.
4) Ce que tout cela dit de l'Afrique d'aujourd'hui
Ces trois séquences — le jubilé de la CEDEAO, la CM14 de Yaoundé, l'initiative BVMAC de la BEAC — ne sont pas anecdotiques. Elles révèlent une Afrique qui se projette, qui négocie, qui expérimente. Mais aussi une Afrique où les ambitions institutionnelles se heurtent encore à des réalités économiques et politiques complexes.
L'intégration régionale avance — lentement, avec des reculs et des fractures. Le commerce numérique progresse — inégalement, sans cadre multilatéral encore consolidé. Les marchés financiers se cherchent — portés par des initiatives ponctuelles qui ne sauraient remplacer une stratégie systémique de long terme.
Pour les acteurs économiques, publics comme privés, qui opèrent dans cet espace, naviguer ces dynamiques exige une lecture fine des réalités institutionnelles, une veille constante des évolutions réglementaires et une capacité à distinguer les signaux faibles des grandes tendances structurelles. C'est à cette condition que les opportunités — et elles sont nombreuses — se transforment en trajectoires de développement durables.
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